Prise de notes sur "Le langage s'entend mais la pensée se voit"

Publié le par Claire

      Thème : Réflexion sur le théâtre contemporain. (Louis DIEUZAYDE)



                                            visible/audible/intelligible
              La notion de représentation - un modèle de geste artistique -

n'a pas seulement pour but de rendre présent et de façonner un jeu de différence/ressemblance,

mais de régler un procès artistique historiquement déterminé depuis plusieurs siècles d'histoire occidentale.

L'intelligible posé dans une jointure avec les procédés d'imitation ( mimésis) et d'épuration ( catharsis)
                         Incarner, c'est produire une image pour un regard.
                       Mimêsis praxéos : pensée en actes : procédé indirect.

[Historiquement, les interdits figuratifs appartiennent à la morale hébraïque, du côté de Dieu; l'incarnation, "visible", "regardable", elle, est christique, néotestamentaire :

                                                  " Le verbe s'est fait chair"

autorise et libère les gestes de figuration dans le visible; christ sacrifié puis rédimé.

L'incarnation autorise des opérations visuelles qui défigurent l'imitation-le tissu mimétique- afin de loger au coeur du visible représentatif l'empreinte d'une faille, 

d'une béance livrant passage à des processus figuraux qui dialectisent l'image produite et le regard porté sur elle,

par l'incomplétude mimétique ou la déformation visuelle perpétrée.

Le doute est porté dans le visible, dans la représentation du corps et de la réalité, conduisant de façon détournée à un accès à l'invisible, l'infiguré, l'invu."

Valère NOVARINA : "creuser la langue qui est notre terre, qui est notre corps, mettre à jour notre souterrain mental." 

                   Par l'outil du théâtre atteindre LA VUE DE LA PAROLE.
                                           Cf RANCIERE :
La parole muette
                                     " Le poète dit la poéticité des choses."

                                           Contradiction de la littérature.

Puissance d'un voir qui n'est plus au service de la représentation mais qui s'affirme par lui-même et vient se mettre en travers de la logique narrative (comme de la morale de la fable).

Le principe symbolique se retourne alors : le symbole qui fait parler toute chose, qui met partout du sens, retient ce sens sur son corps. (intransitivité)

                                  Il ne le fait plus passer dans le récit.

La "pensée qui se voit" nomme dans les modalités, le  tempo d'un battement ou d'un rythme spécifique qui ouvre un espace entre deux figurations consistantes, reconnaissables, l'instant d'apparition d'une réalité inédite, encore invue, infigurée, ou d'une complexion de vérité.

Apparition lacunaire simultanément audible par le visible et visible par l'audible.

La passivité/l'insignifiance/le vide/le creux, en tant qu'énergie et force d'attraction ont été investis comme des éléments positifs et dynamiques, par leur pouvoir négativant et critique au sein du tissu apparemment homogène et consistant du mimétique pour en examiner la trame.

L'action s'est dramatiquement désagie pour investir d'autres modes.

LE POINT DE CAPITON cf Lacan : métaphore spatiale ( matelassier). une  aiguille entre dans la matière et sort à un autre endroit, faisant ainsi tenir l'ensemble composé et structuré.
Parfois les spectateurs perdent pied 2 fois : dès l'entrée et une deuxième fois. La première fois, une homogénéité se reconstitue. 
La 2ème fois est là pour qu'un retour à la réalité s'opère et déchire l'artifice qu'il prenait pour la réalité.


La métaphore du point de capiton est  régie par l'entrée dans le flux du discours d'un signifiant majeur qui fait un certain trajet et se boucle de façon presque étrangère à l'ordonnancement logique et manifeste de la fable ou du discours.
Le point de ...= ce  qui lui arrive comme déplacement et transformation, 
et c'est le véritable sujet du texte.  

 

             SON FOYER DE SIGNIFIANCE, au delà des contenus du discours.


En ouvrant ce concept dans le champ du visuel = au sein de la parataxe et de la déliaison apparente, l'aiguille du "monteur" (auteur, metteur en scène, acteur) entre à un endroit dans la texture de l'audible et/ou visible et traverse leur hétérogénéité pour ressortir à un autre endroit et y faire rouage

assurant le dispositif d'un montage qui pense dans l'entrelacs non hiérarchisé du visible, de l'audible et de l'intelligible,

et qui parvient à les nouer en des points d'attache qui ouvrent accès à leur procès de sens.

 

 

Schéma recopié de la présentation faite par Lacan de cette notion

Schéma recopié de la présentation faite par Lacan de cette notion

Publié dans autour du théâtre

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