Maison de Verlaine Metz - Petit salon avec Catherine Boschian Campaner sur le vers libre et Verlaine

Publié le par Claire Antoine

La conférencière et la violoniste

La conférencière et la violoniste

                        Petit salon : à la lumière de l'oeuvre  
 Catherine Boschian-Campaner, professeure de Lettres à l’université de Lorraine,  vendredi soir, au cours d'une causerie intitulée « Le vers libre et Verlaine » 
 a présenté l’histoire et la naissance d’un vers "libre" qui rompt, délibérément, dans le dernier quart du XIXe, avec la tradition. 
En examinant les vers verlainiens de "L'art poétique" jusqu'à ceux d'"Invectives", la conférencière nous a fait comprendre l'importance du contexte historique et politique, le lien intime nouant les formes poétiques et rhétoriques.
De fait, Verlaine barre en quelque sorte la porte au vers libre, au nom de ce qu'on peut appeler une volonté de s'affirmer français, volonté expliquée, exacerbée par l'annexion. Au moment où il écrit le poème "Metz", la Moselle est allemande.
 
En vers réguliers, comptés, avec la primauté accordée à la rime, quoiqu'assouplie - il fustige la monotonie du vers romantique et parnassien - et cela vaut comme un serment d'amour à la France.
Le vers libre, dont on ne sait trop à qui accorder la paternité, était pour lui synonyme d'anarchie. On peut facilement imaginer les contradictions qui agitent ce fils de militaire eu égard aux deux niveaux - personnel et social- auxquels ont été confrontés les deux hommes
De belles lectures de poèmes de verslibristes comme Vielé Griffin, Maeterlinck, Reverdy ont permis de faire la différence entre un vers régulier modernisé, traité de façon ludique et parfois irrévérencieuse et les nouvelles règles dont les contraintes s'exercent autrement, dans une apparente liberté, qui devient à la fois espace pictural, dans l'idée d'un équilibre des sons comme autant de taches de couleur sur la toile mentale créée par le poème; et espace musical, avec des segments rythmiques, répartis dans le poème et visant à l'harmonie.
Belle soirée !! Saluons également la présence de la jeune violoniste Lucie-Marie Boschian dont les intermèdes musicaux ont agréablement ponctué la rencontre.
                                                                               Claire        
                                        

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