Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /2010 08:17

Si vous voulez consulter l'article intégral et initial, en voici les références http://clio.revues.org/index218.html
La notion d’«écriture féminine», censée ouvrir sur une théorie générale de la production littéraire des femmes, apparaît vers 1975, quand Hélène Cixous publie La jeune née en collaboration avec Catherine Clément, suivi, dans la même année, de l’essai «Le rire de la méduse» dans un numéro de L’Arc, consacré à Simone de Beauvoir. 

Dans le deuxième sexe, où elle critique la mythologie, l'idéologie, d'une nature féminine, Simone de Beauvoir, l'agrégée normative,  malgré tout, présente avec ironiques délices les clichés qui abondent sur  la production littéraire des femmes. «Il est connu que la femme est bavarde et écrivassière ; elle s’épanche en conversations, en lettres, en journaux intimes. Il suffit qu’elle ait un peu d’ambition, la voilà rédigeant ses mémoires, transposant sa biographie en roman, exhalant ses sentiments dans des poèmes»...«Les femmes ne dépassent jamais le prétexte... Encore toutes émerveillées d’avoir reçu la permission d’explorer ce monde, elles en font l’inventaire sans chercher à en découvrir le sens.  Un des domaines qu’elles ont exploré ... c’est la Nature [...qui ]représente ce que la femme elle-même représente pour l’homme : soi-même et sa négation, un royaume et un lieu d’exil ; elle est tout sous la figure de l’autre »...  =>=> Littérature subjective, limitée qui manque d'envergure démiurgique, se contentant d'un meli melo de sentiments, d'émotions. Du côté du spontané, de la transparence, du naturel, de l'essence, de la passion, de la 1ère personne, de l'oral... versus travail, retenue, raison, universalité, écrit, littérature...  

Le  «féminin» dans l’écriture ? Cixous, dans La jeune née, énumère trois points concernant la féminité dans l’écriture :
en premier lieu
, un privilège de la voix, c’est-à-dire une oralisation de la langue impliquant un rapport moins sublimé à la mère : «Dans la femme il y a toujours plus ou moins de “la mère” qui répare et alimente, et résiste à la séparation»...cf  métaphores : «le lait intarissable», «la femme écrit à l’encre blanche». Et également «un chant d’avant la loi». On peut établir des parallèles entre la conception de la voix chez Cixous et la modalité langagière que Kristeva ( il n'y a pas pour elle d'écriture féminine, mais des particularités stylistiques et thématiques)appelle le sémiotique#le symbolique. Le sémiotique=> oralité, plaisir,  «préalable» à la symbolisation qui concerne les pulsions. = dans le langage poétique... sous forme de rythmes phoniques et de musicalité sémantique. = remonte à structures pré-œdipiennes, processus «sémiotique maternel» # au symbolique, le langage «social», lieu paternel, lieu du surmoi.  D’après Kristeva, la femme reste le support le plus solide de la socialité, mais occulté ou n’apparaissant que dans les ruptures du symbolique, si bien que lorsque «le sujet-en-procès» se découvre séparé (du symbolique), il se découvre en même temps féminin.

12En second lieu, Cixous voit les effets de féminité dans le privilège du corps qui  apparaît dans l’histoire comme un revers : «les femmes ont vécu en rêves, en corps mais tus, en silence». 
L’hystérie traditionnellement allouée à la femme ... signifie la souffrance d’un corps en mal de langage. La souffrance d’un individu qui ne participe que très peu aux échanges symboliques, tout en résistant aux signes qui lui sont imposés. La jonction entre corps et langage, voire la somatisation même, se retrouve aussi du côté des «sorcières», et de façon plus verbalisée chez les «mystiques». Selon Irigaray, le discours mystique est «le lieu, le seul où dans l’histoire de l’Occident la femme parle, agit, aussi publiquement». Cixous veut revaloriser ce rapport au corps, # une forme d’oppression, susceptible de disparaître à mesure que les femmes prennent la parole en leur propre nom.  «Plus corps donc plus écriture». # Style, qui =unicité du sujet individuel= choix actif entre fond et forme dissociés, mais écriture qui est est censée instaurer un lieu pluriel, plus près de l'inconscient, traversée de plusieurs voix, déplaçant le sens habituel des mots, et introduisant une polysémie qui nous fait percevoir le monde autrement. 

15En troisième lieu, Cixous voit les effets de féminité dans la «dépropriation» ou la «dépersonnalisation», c’est-à-dire une subjectivité ouverte, une capacité de s’ouvrir à l’autre, de le voir dans sa fifférence sans  réduire l’autre au même. 

16Historiquement, les femmes ont occupé la place de l’autre dans un rapport hiérarchisé,
faisant du «féminin» quelque chose qui ressemble au «masculin» mais en moins bien, en moins parfait — ou, au contraire, très idéalisé, ce qui revient au même. Revaloriser l’autre dans sa différence signifie donc accorder de l’importance à ce qui dans l’écriture est impropre, ce qui relève de l’hétérogène, du sens indécidable, de l’autre face du texte. Cette inscription de la non-identité est, pour une large part, connotée au «féminin», non seulement chez Cixous, mais aussi, par exemple, dans les lectures déconstructives de Derrida. À la place d’une individualité bien affirmée sera donc valorisé le sujet clivé, pas seulement comme un écho aux théories modernes du sujet (psychanalyse, analyse du discours, critique déconstructive), mais appuyé sur un vécu particulièrement féminin en ce sens que les femmes par l’expérience de la maternité seraient davantage susceptibles de vivre «une subjectivité se divisant sans regret»=> sorte de paradoxe, puisque le refus de l’identité à soi entre dans une logique d’une affirmation du féminin. Dépouillement du sujet, écriture moderne, qu’elle soit écrite par des hommes ou des femmes, et  une forte affirmation identitaire.

La question se pose alors de savoir comment articuler le lien entre un sujet «féminin» qui vient tout juste d’apparaître (La jeune née, La venue à l’écriture) et l’effort — parallèle — de dénaturaliser les dualismes de la métaphysique occidentale, que ceux-ci relèvent des rapports de sexe ou d’autres oppositions.

18D’une part, Cixous souhaite valoriser des notions comme la voix, le corps, la dépropriation dans l’écriture, parce que historiquement, philosophiquement, les effets de féminité se trouvent là, mais cela ne veut pas dire que les femmes ont réellement écrit de ce côté-là, loin de là même. A ce propos, on se rappelle la fameuse note en bas de page dans Le rire de la Méduse, où Cixous dit qu’elle n’a vu inscrire de la féminité dans la littérature française que par Colette, Duras et Jean Genet. A ce niveau, on n’a rien à dire, parce qu’il s’agit en fait, non pas d’une théorie justifiée et documentée, mais plutôt d’une mise en avance d’une poétique ou d’un modèle esthétique bien précis. Ce qu’on peut dire, c’est : pourquoi, en somme, parler des effets de féminitépuisqu’il y a si peu de rapport entre féminité et femmes réelles, femmes dans l’histoire et leur écriture. D’autre part, un glissement ou une certaine confusion se produit sans cesse, dans les textes de Cixous, entre féminin et femme. Ainsi on peut également lire que «s’il y a un “propre” de la femme, c’est probablement sa capacité de se déproprier sans calcul», ou bien «plus que l’homme invité aux réussites sociales, à la sublimation, les femmes sont corps»... ( à suivre dans l'article sus- cité)

 

Par Claire - Publié dans : citations. Notes. - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 08:08

   Textes par endroits tronqués, élagués. Je ne garde que les idées qui m'intéressent
 1) « Le conflit, la femme et la mère »( Flammarion)    débat dans les rangs féministes et politiques. (L’équipe Mondial Infos) 
 La philosophe Elisabeth Badinter part en guerre dans son dernier livre contre la tyrannie de la mère parfaite et la maternité « écolo », qui font selon elle régresser la cause des femmes aujourd’hui.

Le bébé est devenu de nos jours « le meilleur allié de la domination masculine » = une charge contre le regain d’un discours « naturaliste » qui cantonne la femme à son rôle de mère. Attention, prévient-elle, « je ne dis pas que ne pas allaiter est une victoire des femmes ». 

Ce qui compte, « à mes yeux, c’est la liberté de choix ».

« Il y a une coagulation de l’écologie, de la Leche League, (fondée en 1956 par des mères de famille de Chicago, milite depuis 1979 en France pour l’allaitement maternel), du féminisme naturaliste et des spécialistes du comportement qui s’appuient les uns sur les autres » pour justifier l’inégalité du partage parental, estime Mme Badinter, mère de trois enfants, dans Libération.

Cette idéologie « du retour de la femme au foyer, à un ordre moral, nous la constatons quand nous intervenons dans les collèges et les lycées », explique à l’AFP Sabine Salmon, présidente de l’association Femmes Solidaires. 

La jeune femme confirme aussi, multiples exemples à l’appui, la pression culpabilisante sur les jeunes mères pour nourrir au sein leur bébé le plus longtemps possible.

Elisabeth Badinter dénonce le « diktat de l’écologie » et cite l’exemple de la taxe sur les couches jetables, non recyclables, prônée l’an dernier par Nathalie Kosciusko-Morizet, alors secrétaire d’Etat à l’Ecologie.

« Or les couches jetables ont libéré les mères. C’est faire passer la nature avant la liberté des femmes », s’insurge la philosophe, invitée jeudi sur France Inter.

Pour Sabine Salmon (Femmes solidaires), il y a bien « une culpabilisation des femmes » par l’écologie « car toute la gestion du quotidien repose sur leurs épaules »: tri sélectif, purée maison plutôt que petits pots etc…

La majorité des Françaises concilient maternité et vie professionnelle mais à quel prix?

Les tâches ménagères reposent encore à 80% sur les femmes (étude Ined). Le soin des bébés presque à 100%...« la culpabilité qui pèse sur les mères ».

Mais comment affirmer que le militantisme pro-allaitement serait le seul danger pour l’émancipation féminine?
« Ici, comme dans ses autres livres, elle minimise la violence domestique, la prostitution, la pornographie », remarque l’écrivain dans La Vie.

2)Publié le 15 février 2010 par Goure sur Paperbord

Le dernier livre d’Elisabeth Badinter, « Le conflit, la femme et la mère » ouvre un débat dans les rangs féministes et politiques.Et questionne chacune d’entre nous : quelles femmes demain ?

Je suis une mère médiocre et je revendique ce droit.” L’essai d’Elisabeth Badinter tire la sonnette d’alarme sur la montée en puissance d’une idéologie naturaliste qui tend à renvoyer les femmes à la maison, «au nom du bonheur de l’enfant».Les femmes sont également toujours jugées, consciemment ou pas, presque exclusivement responsables du bien-être de leur enfant. En plus de devoir satisfaire la longue liste des besoins naturels formalisés par les pédopsychiatres, elles doivent se montrer équilibrées, professionnellement épanouies et parfaitement disponibles. Elisabeth déplore un retour à la famille «à l’ancienne», qui voit des femmes surdiplômées renoncer à leur carrière pour élever leur enfant. Fillettes et jeunes filles d’aujourd’hui, mères demain ,faites attention à ce que les luttes de vos mères et grands-mères ne passent pas à la trappe. Soyez vigilantes . Ne renoncez pas à votre liberté. Ecoutez ce que dit Elisabteh Badinter.

Par Claire - Publié dans : Activités diverses
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 08:30
EXTRAIT
Née en 1875 à Poitiers, couturière, Louise Saumoneau s'engage très jeune dans le combat politique et syndical. Elle militera jusqu'à sa mort, en 1950, animant le journal la femme socialiste, puis le bulletin Propagande et documentation. Pacifiste, elle voit avec espoir se lever la grande lueur à l'Est, prône l'adhésion à la IIIe internationale mais refuse les exclusions de ses camarades et reste fidèle à la vieille maison. Membre de la CAP dans l'entre-deux guerres, proche de Paul Faure, son pacifisme lui fait condamner l'attitude belliciste des blumistes. Après guerre, elle rejoint le Parti socialiste démocrate de Paul Faure.
La conférence de Louise Saumoneau, prononcée lors de la fondation du premier groupe féministe socialiste (1899), marque une étape dans l'organisation des femmes. Elle a donc 24 ans quand elle prend la parole et le tableau qu'elle dresse de la condition des femmes à quelques mois du saut dans le XXe siècle est sans concession. Dans cette société capitaliste, les femmes doivent se libérer d'une double exploitation, économique et culturelle, et elles ont une double responsabilité, comme mère, éducatrice de futurs citoyens et citoyennes, et ouvrières, concurrentes de l'homme sur le terrain économique. C'est dire si leur rôle est primordial, et que de leur émancipation dépend l'avenir de la société toute entière. Louise Saumoneau, avec fougue et passion, invite les femmes à comprendre les données du problème et à prendre en main leur destin. 
Par Claire - Publié dans : Activités diverses
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 07:57
 REALITE  BIEN PLUS COMPLEXE QU'ON NE L'IMAGINE
cf l'article passionnant de Liliane Kandel et Françoise Picq
 
Le mythe des origines, à propos de la journée internationale des femmes, La Revue d’En face, n° 12, automne 1982
 Que commémore-t-on le 8 mars de chaque année ?

Une seule chose est sûre, 
c’est à la deuxième Conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague, en août 1910, que fut prise,
à l’initiative de Clara Zetkin,
la décision - avalisée par le congrès de l’Internationale qui suivit - de célébrer chaque année une journée internationale des femmes. Elle reprenait l’initiative des femmes socialistes américaines qui avaient décidé, à partir de 1909, d’organiser chaque année, le dernier dimanche de février, une journée nationale pour l’égalité des droits civiques.

Les femmes socialistes n’avaient pas fixé 1857 comme événement primitif à commémorer, pas davantage ne s’étaient-elles prononcées pour la date du 8 mars, mais seulement sur le principe d’une célébration. Dans sa résolution de Copenhague, C. Zetkin proposait du reste de la fixer tous les ans, au moment des “ fêtes de mai ”. 

C’est la direction du parti social-démocrate allemand qui fixa la première journée des femmes au 19 mars 1911, date nullement choisie au hasard.
Depuis longtemps, la social-démocratie allemande commémorait à cette date deux événements : la révolution allemande de Berlin en 1848, et la Commune de Paris - et tous les ans en mars, bien avant 1911, Die Gleichheit appelait les femmes à se joindre aux manifestations prévues. 
C’est donc sous le signe de deux dates importantes du mouvement ouvrier international que la journée internationale des femmes fut placée, dès sa naissance[...]. 
II n’y avait pas en France à ce moment de groupe de femmes socialistes capable de reprendre cette initiative, et il n’y eut pas de manifestation à Paris avant 1914 .

 Le mythe,[...] légende,... origine symbolique donnée récemment à une célébration beaucoup plus ancienne. 

A-t-il paru nécessaire de détacher la journée internationale des femmes de son histoire soviétique pour lui donner une origine plus internationale, plus ancienne que le bolchevisme, plus spontanée aussi que la décision d’un congrès ou l’initiative de femmes affiliées à des partis ? La date de 1857 a-t-elle été choisie comme un dernier hommage à Clara Zetkin, née cette année là et dont la journée internationale des femmes comme le mouvement socialiste féminin international fut entièrement l’oeuvre ? 
Quoiqu’il en soit, il nous semble que ce mythe d’origine, forgé a posteriori, est parfaitement conforme à ses objectifs, les femmes socialistes, réunies à Copenhague en 1910 auraient pu le choisir. Cette représentation de la lutte des femmes - ouvrières luttant pour leurs conditions de travail - est bien celle que privilégiaient les femmes socialistes de cette époque : 
-  des ouvrières seulement, pas des demoiselles des postes, des secrétaires ou des prostituées ; 
-  pour leurs conditions de travail seulement, pas contre la domination masculine ou pour le droit des femmes à la parole. 
Pourtant dès l’instauration de la journée internationale des femmes la revendication centrale était celle du vote des femmes. 
Pour nous au contraire cette vision de la lutte des femmes pose quelques problèmes si on la réfère à la situation de l’époque et aux conflits dans le mouvement féministe du début du siècle. La lutte des ouvrières pour leurs conditions de travail fait certes partie de la lutte des femmes, mais nous refusons qu’elle soit prise en modèle unique, seul acceptable et opposé à toutes les autres considérées comme “ bourgeoises ”. Nous refusons que cette version féminine du premier mai soit célébrée pour mieux être démarquée des luttes féministes pour l’égalité juridique ou le suffrage des femmes, de l’acharnement des intellectuelles forçant l’entrée des carrières interdites aux femmes, de la résistance des suffragettes anglaises torturées et gavées de force dans les prisons... Nous refusons que cette lutte d’ouvrières soit légitime, et non celle des travailleuses imposant, contre des ouvriers, leur droit au travail et leur admission dans les syndicats []. Nous refusons que la lutte des femmes ne soit reconnue que lorsque, partie de la lutte des classes, elle s’y intègre avec soumission et n’y soulève aucune contradiction[..]. 

La lutte des sexes était-elle antithétique avec la lutte des classes ?
Toutes les femmes socialistes n’étaient pas de cet avis. Madeleine Pelletier, la plus célèbre des femmes socialistes françaises d’avant 1914 s’était opposée sur ce point avec Clara Zetkin, à la Conférence de Stuttgart, le point de vue de celle-ci avait triomphé : la séparation complète des femmes socialistes d’avec les féministes bourgeoises. Madeleine Pelletier n’alla pas à Copenhague  mais on peut penser qu’elle fut comme son amie Caroline Kauffmann choquée par I’antiféminisme de cette Conférence et “l’intolérance” des femmes socialistes .[...] 
Le GDFS ne fut même pas la petite classe du parti ; par crainte du féminisme, Louise Saumoneau y fit voter des statuts tels que ne pouvaient y adhérer que les femmes déjà inscrites au parti. Ainsi le groupe s’interdisait de développer un mouvement féminin de masse pour l’attirer au parti. II ne cherchait pas non plus à obtenir pour les femmes la plénitude de leurs droits, mais bien plutôt à protéger les femmes socialistes, et particulièrement les ouvrières, de la subversion féministe. 

L’organisation, le 9 mars 1914, d’un meeting pour célébrer - pour la première fois en France - la journée internationale des femmes fut l’activité principale du groupe pendant les dix-huit mois de vie qu’il connut avant la guerre.  

La brève rencontre, pleine de promesses du féminisme et du socialisme à la fin du siècle, s’achevait pour laisser place à la théorie du “ féminisme bourgeois ”, élaborée non contre les grandes dames du féminisme que les femmes socialistes ne rencontraient guère sur leur terrain,
mais contre les féministes sociales dont l’activité militante était tournée vers les ouvrières, ou contre les féministes socialistes qui refusaient la subordination des revendications féminines aux intérêts supérieurs de la classe ouvrière indivisible et de son parti.
 
Les décisions de la Conférence de Copenhague : célébration de la journée internationale des femmes et création de groupes de femmes socialistes, concouraient au même objectif : faire apparaître un mouvement de femmes socialistes distinct du féminisme ; tracer entre les femmes une infranchissable ligne de classe, ligne de marquage et de démarcation, schéma d’explication sommaire des contradictions : les revendications des “ bourgeoises ” ne peuvent avoir d’autre objectif que de conforter le capitalisme, seules sont “ prolétaires ” celles qui exigent la collectivisation des instruments de production (voir notamment Suzon,Féminisme et Socialisme). 
Louise Saumoneau fut, comme le dit Charles Sowerwine, “ l’architecte de cette rupture qu’elle imposa au mouvement socialiste féminin du XXe siècle ” ; rompant avec le mouvement féministe, elle “ empêcha le mouvement socialiste de prendre en compte les problèmes féminins, de lutter pour l’égalité des sexes en même temps que pour l’égalité des classes ” []. 
Clara Zetkin, quant à elle, l’initiatrice de la journée internationale des femmes, dirigeante internationale des femmes socialistes, luttait pour faire prendre en compte les problèmes féminins par le socialisme, mais elle aussi refusait toute action concertée avec le féminisme qualifié de bourgeois. “ Marx, disait-elle, a forgé le glaive qui a tranché les attaches entre mouvement féminin prolétarien et bourgeois ” []. 
Une tradition qui nie avec tant de constance le droit des femmes à s’organiser de façon autonome, en dehors des organisations et partis politiques traditionnels pour lutter contre leur oppression, peut-elle être reprise sans danger ? Peut-elle être utilisée, voire détournée, par celles-là mêmes qui depuis des années, se battent précisément pour assurer l’indépendance des luttes de femmes ? 
C’est peut-être l’un des enjeux des diverses manifestations du 8 mars 1982 en France, que de répondre, aussi, à cette question.

Par Claire - Publié dans : Activités diverses
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 07:27

 

C’est la journaliste allemande Clara Zetkin ( 1857-1933) qui a lancé l’idée d’une Journée internationale des femmes.Directrice de la célèbre revueDie Gleichheit (L’égalité), qu’elle a fondé en 1890, Clara Zetkin s’inscrit dans une perspective révolutionnaire. C’est elle qui convoqua les conférences internationales des femmes socialistes de Stuttgart (1907) et de Copenhague (1910) où elle imposa son point de vue et qui l’élirent secrétaire, faisant de son journal Die Gleichheit leur organe officiel.

A  Copenhague en 1910, lors de la 2ème conférence internationale des femmes socialistes,
elle  propose, pour la première fois,
d’organiser une Journée internationale des femmes en vue de servir à la propagande pour le vote des femmes.
La conférence réunit une centaine de femmes venues de 17 pays, et adopte aussitôt cette proposition, inspirée des manifestations d’ouvrières qui se sont déroulées aux États-Unis en 1908 et en 1909. Le 8 mars 1914, les femmes réclament le droit de vote en Allemagne. Elles l’obtiennent le 12 novembre 1918.



Emprisonnée en 1915 en raison de ses convictions pacifistes.
En 1916, elle joue avec Rosa Luxemburg, un rôle essentiel dans la création du parti communiste allemand.
En 1920, élue au Reichstag, Clara Zetkin assiste à la montée du nazisme en Allemagne, tandis que l’arrivée au pouvoir de Staline la met à l’écart de l’Internationale communiste. 
Le 30 août 1932, à 75 ans, elle est chargée, en sa qualité de doyenne du Reichstag, de prononcer le discours d’inauguration du parlement où dominent les chemises noires.
Elle lance un vibrant appel à lutter contre le nazisme. Ce sera sa dernière manifestation publique.
En exil à Moscou, elle meurt le 20 juin 1933 dans des conditions qui n’ont jamais été élucidées.

Ses convictions lui ont survécu.
Elle a défendu une conception du couple au sein duquel les partenaires devaient être égaux en droits.
Elle est favorable au divorce par consentement mutuel et pense que les garçons, comme les filles, doivent prendre part aux soins du ménage.
Mère de deux garçons, elle a vécu elle-même en union libre, et s’est toujours montrée une ardente partisane du travail des femmes, seul moyen pour elles d’accéder à l’autonomie.

En  France ce n'est qu'à partir de 1914, avec l'aide de Louise Saumoneau, une institutrice, que des Françaises se font entendre. 6 000 femmes se rassemblent au pied de la statue de Condorcet à Paris pour réclamer le droit de vote et l'égalité politique.
A partir de 1977, la "Journée internationale des femmes" est officielle.

Les Nations Unies invitent chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes.

Par Claire - Publié dans : Activités diverses
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