A consulter également, pour un parcours dans la vie de Jean VODAINE sur un blog fermé depuis un certain temps, hélas !
http://ingirum.blogspirit.com/vodaine_jean/
µµµµµµ
(J'ai demandé l'autorisation de publier l'image, mais actuellement la Galerie qui connaît des difficultés et qui est fermée, hélas !, au
public ne répond pas.)
1.Souvenirs d'exposition sur le site :
http://www.lagalerie.lu/Vodaine/
... des
trente dernières années de création de Jean Vodaine, peintre, poète, ...
Photo trouvée sur ce même site
Extrait de la présentation signée par Christelle Schaffner
[...]Vodaine a peint inlassablement et avec passion la vie, les femmes, les fleurs, les lieux qu'il a aimés, les êtres côtoyés et admirés,
mais aussi le foot, "La danse folk", "Les para" et ses innombrables "Drôles d'oiseaux". Il a peint les êtres, les animaux, les présences imaginées, la poésie du quotidien, le prosaïque, et l'
"Attrait", le désir, "La vue perçante", "Les questions sans réponses"…
Il nous offre un univers flamboyant et secret, où sa palette est unique, où la couleur est comme libérée, tantôt intense,
imposante et forte, et ailleurs sourde et lointaine, une gamme de tons, de lignes et de touches orchestrés librement et rigoureusement, comme une partition sans début ni fin.
Les peintures et les estampes de Vodaine nous rappellent et nous ramènent au bonheur et à la rumeur assourdissants d'exister et de vivre et à la nostalgie de ce qui
se retire, à l'énigme insondable de ce qui est insaisissable, à l'attachement pour les êtres, les lieux aimés et la nécessité de partir et d'oser "passer" alors même que "Partir c'est mourir un
peu"…
Il n'a cessé de peindre et de graver dans cette césure, dans l'épaisseur du temps où les êtres et les choses n'ont plus d'âge, [...] la matière et le trait, le dire
et le silence, le papier et les mots, les mots et la peinture, le poème et l'affiche, la lettre et le poème; dans cette césure joyeuse, parfois mystérieuse et étrange, intense, vertigineuse,
périlleuse, toujours bouleversante: entre figuration et abstraction.
***
SOURCE1 : http://www.lekti-ecriture.com/blogs/alamblog/index.php/post/2006/09/22/110-jean-vodaine-1921-2006
( texte repris dans Wikipedia ).
2. Courte biographie
3. Quelques mots sur la typographie dadaïste
Frédéric, Vladimir Kaucic,
- Il prend le pseudonyme de Vodaine en 1947,
lors de la publication de son 1er recueil de poèmes, Rose et noir -
est né le 6 juillet 1921 à Volče (dans l'actuelle Slovénie) et mort le 8 août
2006, à Pont-à-Mousson. .
Son père, caporal dans l'armée autrichienne, et sa mère fuient leur pays à cause de la
montée du fascisme, et viennent s'installer en France.
Il
va y exercer toutes sortes de métiers :
cordonnier, manœuvre aux hauts-fourneaux de Thionville, ouvrier électricien, comptable de chantier, ou aide-métreur,
avec toujours en parallèle des activités littéraires et artistiques.
En 1947 VODAINE acquiert une presse à bras, sur les conseils de PIERRE BOUJUT.
Installé à Montpellier puis à Yutz, en Lorraine, Vodaine a publié depuis la plupart des tenants de l’art brut*
:
Jules MOUGIN, CHAISSAC, JAKOVSKY, DUBUFFET, QUENEAU
ainsi que NORGE, FRANZ HELLENS, BEN, JOSEPH DELTEIL, ROGER RABINIAUX.
(* terme inventé par le peintre JEAN DUBUFFET, pour désigner les productions réalisées par des non-professionnels de l'art, œuvrant en dehors des normes esthétiques
convenues, sans prétentions culturelles ni démarche intellectuelle. Ni art populaire, ni art
naïf.)
Son nom est attaché à la revue typographique et poétique Dire, qu’il lance en 1962 avec EDMOND DUNE et ADRIEN PRINTZ.
C'est le
lieu d’expérimentations typographiques telles que le mélange de police de
caractères ou les forts encrages et foulages,
combinaisons de papiers rudimentaires et de formats insolites « poèmes-affiches** »
renouvellement, à partir de 1955, du typogramme dadaïste*** après une rencontre
avec TRISTAN TZARA.
(**Dans le poème-affiche, le poème est réduit à sa plus simple
expression : au slogan.Parfois même (le
plus souvent, si possible) sous forme de monostiche, poème complet en un seul vers.)
La
typographie dada
Si comme le dit Jean DUBUFFET, VODAINE est à
considérer comme n'ayant pas de réelles intentions esthétiques, il est malgré tout intéressant, puisqu'il a rencontré Tristan TZARA, d'essayer de comprendre quelle était la perspective dadaïste
de la typographie.
ENJEU ?
"Il importe que l'esprit ne reste pas en retard sur la matière ; il a
le droit, lui aussi, à de la ruine. Dada va s'en charger."
Pour cela j'ai consulté le site suivant :
SOURCE 2
http://perso.univ-lyon2.fr/~edbreuil/informatique/mise-en-forme/exorecup.html
On y trouve un article sur La typographie dada - Univ-lyon2,
dans le mémoire de maîtrise d' Aude Blanchard-Dignac dont voici quelques extraits.
"Les Dadas qui publieront leurs revues travailleront sur le graphisme, même ... Breton ... fera de la
typographie...qu'il croit "non-typographique" participe cependant de son entreprise artistique,
Ce graphisme sera par ailleurs renouvelé dans chaque numéro de la revue Dada officielle.
Assimilation entre le texte et son
support ce qui donnera un caractère intrinsèquement pamphlétaire à ce dernier.
La typographie fluctuante, qui change à chaque
parution, alors qu'elle semble cohérente à l'intérieur d'un même numéro.
Miner la "littérature" en la compromettant par le mimétisme (la parodie)
Une rupture radicale en matière de typographie marquera la deuxième période de Dada,
placée sous un dénuement typographique,
un rejet de l'excès.
Une dernière période typographique très épurée. Mise à l'écart de la typographie ? Comment la violence
verbale se conciliera-t-elle avec la typographie ?
L'acte de publier une revue ou un tract provoque une violence contre la langue et la culture établie. ...Les
publications Dadas seront de véritables Placards, ...qui étendront leur action à l'ensemble de la Littérature.
Manque de moyen et de temps ? Pas seulement. Car réel effort de mise en page, que ce soit au niveau de la
composition complexe de la couverture ou au niveau du choix de la texture du papier..
En fait il s'agit d' une évolution logique de l'attitude de Dada face à l'Art, la Littérature et la Langue.
Ce n'est plus par le cri que Dada s'opposera à ces valeurs mais par un mimétisme qui voudra fonctionner comme du vitriol.
Ce n'est pas une non- typographie.
En effet, la typographie accomplit son rôle lorsqu'elle devient invisible, et qu'elle s'efface au profit du travail de
l'écrivain. La typographie Dada de la deuxième période met alors en valeur le texte lui-même.
Le lecteur sera alors placé en face du texte et le texte ne pourra plus se dérober, se cacher derrière des excès
typographiques qui feraient diversion. Cette typographie "degré zéro" s'appliquera dans le cadre de trois grandes attaques de Dada. L'attaque envers des individus, contre la littérature et
contre la Langue. Tauromachie. Passe par une déconsidération du lecteur (qui fait partie du système de la lecture et donc de la littérature) et de la langue littéraire.
Le mimétisme parodique
La typographie n'est pas innocente,
même dans la revue de Breton, puisqu'elle participe à la stratégie d'assassinat de l'ancienne beauté, de l'ancienne littérature.
Le nom même de la revue, Littérature, est un pied de nez à la
littérature, puisque ce titre fonctionne par antiphrase. Un autre élément compose la couverture de la revue, soit une illustration. ... Et sur la nouvelle couverture réalisée par Man
Ray, une tache d'encre est volontairement posée sur le titre de la revue. Ainsi, symboliquement (voire concrètement), l'entreprise de Littérature se poursuivra : il s'agira de continuer à
salir la Littérature.
Cette compromission, s'il elle s'opère déjà par la couverture, est également présente dans les pages intérieures, par la
typographie, une typographie épurée, classique, mais qui par un mimétisme participera de cette singerie de la Littérature. ...L'utilisation d'une typographie classique participe de
l'amalgame que pourrait réaliser le lecteur entre la "vraie" littérature (des Gide, Valéry, etc., bref la littérature "officielle") et la "littérature" de Dada.... Par ce refus d'une typographie
fantaisiste et qui ne serait pour Breton qu'un effet de mode, Littérature participe du court-circuitage interne du texte dit "littéraire".
...Destruction formelle des genres littéraires par mimétisme. ... clones parodiques. ... page entière constituée de
ces petits blocs de quelques lignes que sont les citations, les proverbes ou les aphorismes, mais ces encarts sont caricaturés... ils côtoient d'autres blocs, des cadres cette fois sans
texte... Ce retour à une typographie classique n'est opéré que pour mieux détruire de l'intérieur ces formes fonctionnelles prédéfinies. Cette "épuration" de la typographie permet
finalement une confrontation directe, beaucoup plus brutale au texte.
Vodaine dans la droite ligne du courant dadaïste, acte provocateur,
ou liberté qu'il s'est superbement octroyée ? En fait
pour les "classiques" cela revient au
même...