citations. Notes.

Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 06:10

 Retrouvé. Daté initialement du 05 02 2011 08h50

 

  J'ai sélectionné ce qui m'intéressait dans un article trouvé sur 

                                        VOX POETICA

                                             www.vox-poetica.org/t/jurgenson2008.html

Extraits d'extraits extraits eux-mêmes d'un article  publié aux Editions des Syrtes. ... extrait de l'édition de Carnets de Marina Tsvetaeva, (1892-1941) publiés sous la direction de Luba Jurgenson (traduction: Eveline Amoursky et Nadine Dubourvieux).

         Le site de l'éditeur: http://www.editions-syrtes.fr/

 

 

...Ce « je » témoin n’est plus celui qui raconte : on a perdu la confiance dans la vérité mimétique du mot – on a en revanche, à l’époque où Tsvetaeva entre dans la poésie, une foi absolue dans l’énergie intime du mot. Le mot ne relate plus : il crée. 

C’est de lui que jaillit le monde – un monde discontinu, fragmenté, inscrit dans un « moi » traversé lui-même par des vides.

 

                        En 1918, Kamenski écrira dans Sa-ma biographie de grand futuriste :

 « N’importe quelle biographie d’un archiviste insignifiant, fût-elle écrite dans un style raboteux, est un million de fois plus intéressante qu’une cochonnerie imaginaire à doublure romanesque. »

 Notons que l’insignifiance, dorénavant au centre de l’attention des différents courants artistiques, est ici conjuguée à la fonction d’archiviste : les différentes facettes du moi constituent, à l’insu de leur porteur, une archive dans laquelle la modernité vient se refléter.

 

... « Le matin de l’acméisme » de Mandelstam, publié en 1919...  manifeste ...genre... faisant exploser la frontière formelle entre le littéraire et le politique vise non seulement à entourer le « je » de l’artiste de la muraille d’un « nous », 

mais aussi, à introduire au sein du processus artistique une rupture,

 à le ponctuer de fins et de commencements,

 à instituer l’acte créateur en figure de perpétuel dépassement. 

Désormais, la création littéraire,

inséparable d’un sentiment de limite,

 est tributaire d’une ligne d’horizon qui ne se donne que dans son franchissement : cette ligne, sans cesse effacée et redessinée, pressentiment ou trace d’un monde qui va vers sa fin, est le signe d’une discontinuité qui habite l’histoirede l’art, mais aussi l’Histoire tout court et partant, l’être.

...(moins d' )...affirmer une vérité sur l’art de démanteler la vision de la culture comme d’un flux ininterrompu…

 

...L’idée même d’appartenance lui est totalement étrangère. ... Seule la personne compte pour elle. ... Elle s’oppose à toutes les « schématisations, dissections et autres cloisonnements, tout ce qui peut être exprimé en chiffres et en cases ». .. Aux « ismes » elle oppose la communauté secrète de la famille littéraire 

qui ne se construit pas sur des mots d’ordre esthétiques

 mais naît d’une parenté par le mot – ce véritable lien de sang que créé la langue circulant, déferlant dans les veines, dans le corps –, communauté qu’elle recherche désespérément, elle la sans-famille, tout au long des Carnets.

... le genre des Carnets semble exclure a priori toute tonalité élégiaque, 

et chez Tsvetaeva en particulier,

 les choses sont « maintenues » au seuil du présent, jamais livrées au passé.

 De là lui vient sans doute la conviction inébranlable de la pérennité de son oeuvre, son dialogue absolument naturel avec des êtres du passé et du futur...

...Rien de doit se perdre – et pourtant, c’est dans la perte que Tsvetaeva ancre son héritage littéraire, elle qui, très jeune, a vu mourir sa mère, a été dépouillée de ses biens, a dû quitter sa patrie, a assisté enfin à la destruction de la culture qui était la sienne : autant d’événements qui se rejouent dans les Carnets jusqu’à l’obsession sur fond d’autres pertes qu’elle redoute et tente d’éloigner par l’écriture... 

À cette perspective effroyable (de perdre son mari et sa fille) s’ajoute celle de perdre les Carnets eux-mêmes, sans cesse évoquée comme horizon toujours présent de l’acte créateur en tant que tel.

 Alertée par le mode d’anéantissement sous lequel la vie se présente à elle, Tsvetaeva répète et recopie, thésaurise – ou dilapide – les mots qui sont sa seule fortune.

 Les critiques n’ont que trop insisté sur le fait qu’elle crée des liens précisément là où il y a disparition : la relation prend alors son sens et s’éclaire au regard du dernier instant...

 De même, dans la frénésie des rencontres qui se succèdent, consignées sur les pages des carnets, on peut déceler cet impératif : traquer, au sein même de la passion amoureuse, l’instant de la fin qui deviendra le point de départ de l’écriture, son lieu privilégié. 

...Les Carnets sont un catalogue de pertes, un inventaire d’objets volés ou cassés, ...de liens rompus, d’êtres chers disparus, de maisons détruites. 

Marina Tsvetaeva apparaît d’emblée comme celle qui n’a pas de place ni ne peut en avoir. .. parce que c’est précisément sur l' absence qu’elle érige l’édifice de sa poésie.

 Son génie ne peut se déployer que là où rien n’est possible, que ce soit une histoire d’amour sans avenir ou une impasse politique.

 Le monde se referme sur elle – les pièces, les villes, – afin qu’elle puisse vivre dans l’unique lieu qui est le sien, le texte...

 

Elle fera sienne la blessure au sein du langage qui s’est ouverte indépendamment de ses convictions et de son histoire personnelle : le langage est habité invisiblement par un ordre du monde qu’elle refuse.

Elle appellera cela « écrire dans la langue de l’ennemi », ce qui la rapproche d’un autre poète du désastre, Paul Celan...http://www.erudit.org/revue/ttr/1996/v9/n1/037237ar.pdf

... elle laisse les mots oeuvrer à son insu au coeur de son destin – et ourdir leur complot.

 

...le dire du poète – car il y a de l’oral dans l’écrit tsvetaevien – élabore le temps intime de l’événement poétique en regard du temps historique. 

                « Tout ce qui n’est pas raconté est ininterrompu », dit Tsvetaeva. 

Pour créer, au sein du monde, cette discontinuité en laquelle s’enracine l’expérience moderniste, le poète se tient en sentinelle à la frontière du dit et du non-dit et raconte inlassablement, afin que le monde soit.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Claire - Publié dans : citations. Notes. - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 09:45

 

 

                                                                        http://a6.idata.over-blog.com/1/35/13/57/10-Mars/MARIAMA-BA-UNE-SI-LONGUE-LETTRE.gif

 

 

 "On est mère pour illuminer les ténèbres. On est mère pour couver, quand les éclairs zèbrent la nuit, quand le tonnerre viole la terre, quand la boue enlise. On est mère pour aimer sans commencement ni fin."

 Mariama Bâ

Une si longue lettre

 

Roman

Le serpent à plumes

Collection Motifs N°137; Première édition : 1979; Deuxième édition : 2001   

                                   

 

                                            Début du résumé trouvé sur

 http://littexpress.over-blog.net/article-mariama-ba-une-si-longue-lettre-46074687.html

 

Ramatoulaye, la narratrice vient de perdre son mari Modou dont elle était la première épouse. Elle met alors à profit les 40 jours de deuil que lui impose la tradition sénégalaise en écrivant une lettre à sa meilleure amie Aïssatou, exilée aux Etats-Unis. Ramatoulaye revient sur sa vie, sur ses souffrances, ses relations familiales et surtout sur ses souvenirs avec l’homme aimé, avant l’arrivée d’une co-épouse. Dans cette lettre, elle expose à Aïssatou les problèmes de société la concernant de près, c'est-à-dire la polygamie, les castes,  l’exploitation de la femme… Le problème de la polygamie est arrivé dans le couple de Ramatoulaye et Modou en raison de la jeune Binetou qui est l’amie de Daba, une de leurs filles… Binetou est donc devenue la co-épouse de Ramatoulaye, mère de 12 enfants, abandonnée par son mari depuis des années… Dans cette lettre, Ramatoulaye évoque sa douleur et sa colère auprès de son amie. Mais elle présente également les raisons de ce remariage qui permettent à Binetou d’échapper à sa condition, de vivre dans une villa, de toucher une rente mensuelle,sur les bases d’un certain arrangement. ( à suivre sur le site ) 

Par Claire (C.A.-L.) - Publié dans : citations. Notes. - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 07:18

Ce que je recherche...

Caro pour un exercice aux Beaux Arts de Metz 001Des réponses à mes questions concernant

l'attente de ceux qui publient et lisent  des textes - récits autobiographiques (récits de vie) - dans des revues qui émanent d'associations (loi de 1901). 

 

L'histoire de vie = notion du sens commun entrée ds l'univers savant.

présupposé : la vie est inséparablement 

 

 l'ensemble des événements d'1 existence individuelle conçue comme une histoire

 et le récit de cette histoire.

 

=une philosophie de l'histoire au sens  de succession d'événements historiques

ds une théorie du récit-d'historien ou de romancier

 

Présupposés de cette théorie

 

- la vie est un ensemble cohérent et orienté à appréhender

comme expression unitaire

d'1 intention subjective et objective, d'un projet.

vie organisée comme 1 histoire se déroule selon ordre chronologique et logique

 

Le récit propose des événements...qui tendent ...à s'organiser en séquences ordonnées selon des relations intelligibles.

( postulat de sens de l'existence racontée et donc de toute existence )

 

Le récit autobio s'inspire ...du souci de donner  sens, de rendre raison, de dégager une logique rétrospective et prospective, une consistance, une constance 

en établissant des relations intelligibles entre les états successifs constitués en étapes ded'un développement nécessaire.

inclination à se faire l'idéologue de sa vie en sélectionnant en vue d'une intention globale

certains événements significatifs et en établissant entre eux des connexions propres à les justifier d'avoir existé et à leur donner cohérence.

 

Pour Alain Robbe-Grillet

" l'avénement du roman moderne est précisément lié à cette découverte : le réel est discontinu, formé d'éléments juxtaposés sans raison dont chacun est unique, d'autant plus difficiles à saisir qu'ils surgissent de façon sans cesse imprévue, hors de propos, aléatoire. "

..."du réel, du fragmentaire, du fuyant, de l'inutile, si accidentel même  et si particulier que tout événement y apparaît à chaque instant comme gratuit et toute existence en fin de compte comme privée de la moindre signification unificatrice"

 

 

 

 

 

 

Par Claire - Publié dans : citations. Notes. - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 07:10

 

 

                                                                                                              rhizome

 

 

 

..."Rhizome"  titre de l’introduction du livre de Gilles Deleuze et Félix Guattari

Mille PlateauxCapitalisme et schizophrénie 2,

paru aux Éditions de Minuit en 1980.

 DÉFINITION

Principaux caractères d’un rhizome

jeudi 27 avril 2006, par félix guattarigilles deleuze

        

[...] à la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque, et chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature[...]. Le rhizome ne se laisse ramener ni à l’Un ni au multiple.

Il n’est pas l’Un qui devient deux, ni même qui deviendrait directement trois, quatre ou cinq, etc.

Il n’est pas un multiple qui dérive de l’Un, ni auquel l’Un s’ajouterait (n + 1).

mais... fait ... de directions mouvantes.

Il n’a pas de commencement ni de fin, mais toujours un milieu, par lequel il pousse et déborde.

...varie  ses dimensions ... change de nature en lui-même et se métamorphose.

À l’opposé d’une structure qui se définit par un ensemble de points et de positions, de rapports binaires entre ces points et de relations biunivoques entre ces positions,

le rhizome n’est fait que de lignes : lignes de segmentarité, de stratification, comme dimensions, mais aussi ligne de fuite ou de déterritorialisation comme dimension maximale d’après laquelle, en la suivant, la multiplicité se métamorphose en changeant de nature...                                                                                                                                                            Le rhizome n’est pas objet de reproduction : ni arbre-image, ni  structure-arbre.                                                                                                     Le rhizome est une antigénéalogie. C’est une mémoire courte, ou une antimémoire.                                                    Il procède par variation, expansion, conquête, capture, piqûre.

À l’opposé du graphisme, du dessin ou de la photo, le rhizomese rapporte à une carte qui doit être produite, construite, toujours démontable, connectable, renversable, modifiable, à entrées et sorties multiples, avec ses lignes de fuite.

Ce sont les calques qu’il faut reporter sur les cartes et non l’inverse.

                                    Contre les systèmes centrés (même polycentrés), à communication hiérarchique et liaisons préétablies,

                                              le rhizome est un système acentré, non hiérarchique et non signifiant, sans Général, sans mémoire organisatrice ou automate central,

                                                                                       uniquement défini par une circulation d’états. Ce qui est en question dans le rhizome,

c’est un rapport

avec la sexualité,

mais aussi avec l’animal,

avec le végétal,

avec le monde,

avec la politique,

avec le livre,

avec les choses de la nature et de l’artifice,

tout différent du rapport arborescent : toutes sortes de « devenirs ».

Par Claire (C.A.-L.) - Publié dans : citations. Notes. - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 07:00

 

                                                                                                                                              nappe radiocentrique bleue

http://www.philosophie-en-ligne.fr/index.php/recommandations2/109-strass-de-la-philosophie-jean-clet-martin-/3330-singularit%C3%A9s-cartographiques.html

 

 

 EXTRAITS Du texte  "Singularités cartographiques" de Manola  Antonioli

Chez DELEUZE, le calque  vise à organiser, stabiliser, neutraliser les devenirs et la complexité des flux qui les traversent.     

Choisir de « cartographier » un territoire signifie  renoncer à expliquer la multitude des variations « superficielles » par un axe génétique unique,

une structure profonde exclusive ou un principe transcendant,

pour se situer au niveau de la surface feuilletée de l’immanence.

Qu’il s’agisse de l’inconscient, des groupes sociaux et politiques, des régions du monde ou des concepts philosophiques,

le calque privilégie seulement les strates (des entités constituées et figées dans un fonctionnement immuable)

et les fonctionnements molaires (d’ordre macroscopique plutôt que microscopique et moléculaire),

les centres institués du pouvoir (réel ou symbolique)

et tous les phénomènes qui peuvent facilement être ramenés à une cause unique et universellement valable.

Si l’on se situe, par exemple, au niveau de la critique de la psychanalyse

 il s’agit également d’opposer une interprétation de l’inconscient

-qui procède par « calque » du complexe d’Œdipe-

à une activité de cartographie de l’inconscient qui s’efforcerait au contraire de tracer la carte,

à chaque fois singulière, des « lignes » entremêlées qui constituent la vie de chacun.[...]

Ce n’est pas par hasard que, chaque fois qu’il est question de cartes dans leurs écrits, ils se réfèrent à Fernand Deligny*, qui accueillait dans les Cévennes des enfants autistes dont il décrivait graphiquement les parcours et l’errance apparente, grâce aux célèbres lignes d’erre, à partir d’une conception déjà cartographique de la psychanalyse[...]

=====>>>>>

 

cf http://www.derives.tv/spip.php?article235 

 Extrait d'un Texte de Françoise Bonardel, 1980  

 

Comment ces " drôles d’animaux vagabonds ", ( les enfants autistes ) ces exilés, ces errants, définissent sans le savoir et le vouloir le territoire d’un " faire " qui, réitéré, orné, les mettra en relation avec les Autres par l’intermédiaire des choses.D’où ces jeux de mots, fréquents chez Deligny, qui marquent ce nécessaire glissement de la psychologie à la topologie : 

celui-là devient ce lui là


(la désignation d’une personne constituée est remplacée par la simple désignation d’une certaine réalité tombant sous un regard, occupant une certaine portion d’espace, effectuant certains gestes...)


De même " il arrive " ne devrait-il pas plutôt être écrit il a rive ?

tandis que " il " serait transcrit île ?

Et chacun n’est-il pas originairement chaque un ?

et commun, comme un ?


Que sont-ils en effet ces enfants-là, sinon les lignes d’erre qui s’inscrivent à l’encre de Chine sur une carte, lignes hachées, saccadées le plus souvent, comme les trajets sans fin de ces errants ?

 Lignes d’erre " où les stations, retours, balancements et boucles obéissent à des invites à la fois réelles et imaginaires, décodées, ouvertes en constellation et non clôturées en système "


La portée de cette entreprise cartographique, on le voit et plus encore le pressent, est immense.

Par le tracé et le transcrit, Deligny et ses compagnons espèrent se frayer un chemin et déchirer cette taie qu’est le langage : mettre à jour un réseau de présences sans pour autant dresser un cadastre, ni figer des relations, ni chercher à capter une indiscernable identité ; mais montrer comment des repères ont joué, et ont permis à l’enfant de s’insérer dans le cours des choses plus que dans l’ordre symbolique.

" Les cartes ne sont pas des instruments d’observation. Ce sont des instruments d’évacuation : évacuation du langage, mais aussi évacuation de l’angoisse thérapeutique ".

Ce que nous apprennent aussi les cartes, c’est que pour l’enfant mutique,

le monde devient angoissant dès qu’il cesse d’être immuable : mais comment distinguer l’immuable de ce qui est mort, devenu étranger au temps ?

certains diraient aussi devenu éternel... seul le réitéré du coutumier peut ainsi offrir des repères qui sont autant d’ancrages dans le réel.

Deligny met cependant en garde contre ce que révèlent des cartes trop aisément satisfaisantes,...

Tous ces " gestes à l’infinitif " tiennent aussi du rituel, et Deligny n’hésite pas à affirmer que " l’Église a une racine dans le monde autistique... Les rituels quels qu’ils soient et les rituels religieux en particulier, tendent à épaissir les gestes quotidiens pour leur donner une apparence de choses, ils en font des pierres " .

Qu’on ne s’y trompe pas : pour ces curieux navigateurs des Cévennes la vérité est dans les pierres au moins autant que dans les mots...
De même, tracer une carte n’est-il pas toujours un acte politique ?

Certes, nous sommes loin ici de ce tracé vainqueur par quoi les grands conquérants établirent l’étendue de leur pouvoir et assirent leur domination sur les hommes à travers leur maîtrise des lointains espaces.

Mais toute exploration de l’inconnu et tout quadrillage d’un territoire tend à faire diminuer l’angoisse humaine, et celle de ces enfants-là plus que de tous autres.

Ce qu’espère Deligny c’est que sa cartographie prouvera, par la découverte de ce corps commun présent aux lieux-chevêtres, qu’il est possible de se comporter autrement " qu’en ruminant ou en dominant ".

Une réelle communauté (qu’on se souvienne de ce commun qui est comme un) ne peut émerger qu’en ces lieux, à mi-chemin des choses et de l’ordre symbolique qui menace sans cesse de reconstruire son pouvoir.

===============>>>>>>>

Reprise 

 

 Le monde décrit par Deleuze et Guattari est fait de multiplicités qui s’étalent sur un même plan, « où les bordures se suivent en traçant une ligne brisée », plan de consistance ou d’immanence, surface de coexistences des êtres.

Chaque être sur cette surface infinie est composé d’agencements et de parties (sa longitude), dont les rapports ne cessent d’être modifiés par le dehors, par les rencontres qui l’affectent, augmentant ou diminuant sa puissance d’agir et d’exister (sa latitude).

Par Claire (C.A.-L.) - Publié dans : citations. Notes. - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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