Des mots tout ça...

Publié le par Claire Antoine

Des mots tout ça...

                                              Des mots tout ça ?

Les éléments de langage sont, comme tout ce qui appartient à « la politique », très violents. Examinons le mot à la mode, celui de       

                                           ''Distanciation''... 

Recul obligatoire sous peine d’amende

Mot brandi comme un joker

La solution à tous nos problèmes,

pendant le confinement,

après le confinement,

une condition du dé-confinement.  D'ailleurs, le mot "confinement" demande aussi des éclaircissements. On confine ce qui est dangereux (explosifs, cœur radioactif…). Les humains seraient donc considérés comme dangereux les uns pour les autres.

"Distance", je comprends : prendre ses distances, établir une distance, mais l'ajout du suffixe «-iation » me trouble un peu.

La première fois que j'ai entendu ce mot, ce mot-concept, c'est quand, dans ma jeunesse, j'ai commencé à m'intéresser au théâtre.

En effet, le mot renvoie à Brecht et à sa conception d'un théâtre épique, politique, marxiste en rupture avec celui de « l’illusion théâtrale », génératrice de catharsis. L’effet recherché est celui de la distance, de l’éloignement entre les événements et le spectateur, entre le comédien et son personnage.

Ce qui est raconté et montré est censé provoquer la liberté critique d’un spectateur déstabilisé qui se comprend comme faisant partie de la « nature humaine » et non pas comme un être singulier, particulier.  

La distanciation qui rend le vécu insolite, étrange, agit sur la conscience de l’être social que l’on est et pas sur l’intime subconscient.

La distanciation actuelle peut éloigner les gens les uns des autres. Jusqu’à la « séquestration » prétendument « protectrice », ce à quoi certains avaient pensé pour les plus de 65 ans, donc les retraités, (#Mettez-les dans les Ephads) après le 11 mai.    

Il y a évidemment une distanciation plus « soft », pratiquée par les professions psy (écoute active, reformulation, décentrage, empathie…) pour ceux qui au risque d’y laisser leur santé psychique doivent, sans s’identifier, s’assimiler à « l’autre » de l’autre qui est en face d’eux, s’ouvrir à ses difficultés.  

Le remède, en attendant le vaccin, prendre ses distances avec la réalité..

Se voir soi-même comme un étranger.

Je dis ça, je dis rien. je veux juste dire que je me rends compte que le traitement du Covid est politique.   

Publié dans billet

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