Abstenius, (XVe) a inspiré La Fontaine (XVIIe) pour la fable ''La mort et le mourant''

Publié le par Claire Antoine

Abstenius, (XVe) a inspiré La Fontaine (XVIIe) pour la fable ''La mort et le mourant''

 La Fontaine, pour écrire la fable en vers, "La mort et le mourant", s’est inspiré de celle en prose et en latin de Laurentius Abstemius, humaniste italien ( fin XVe) traduite en général sous le titre de "Le vieillard qui voulait remettre sa mort à plus tard".  

                                      Voici ma traduction, en prose, du texte latin situé ci-dessous

                 Un vieillard priait la mort qui était venue l'arracher à la vie de remettre son projet à un peu plus tard, juste le temps nécessaire pour qu’il rédige un testament et qu’il prépare toutes les autres choses essentielles pour un tel voyage. Pourquoi, lui rétorqua la mort, ne t’es-tu pas préparé jusque là ( avec plus de zèle) ? Je t’ai souvent mis en garde. Et comme celui-ci lui dit qu'il ne l'avait jamais spécialement remarquée jusque là, elle lui répondit : " Lorsque, non seulement j’arrachais à la vie chaque jour des gens de ton âge, dont très peu sont désormais vivants, mais aussi des jeunes gens, des enfants des nourrissons, est-ce que je ne t’avertissais pas de ta condition de mortel ? Lorsque tu sentais chaque jour faiblir tes yeux, diminuer ton audition, et  t’abandonner tes autres sens, ton corps s’alourdir, est-ce que je ne te disais pas que je n’étais pas loin de toi ? Est-ce que tu peux nier que je t’ai averti ? C’est pourquoi ta mort ne ne peut plus être différée. 

  Cette fable montre qu’il faudrait vivre comme si nous sentions que la mort était toujours près de nous.  

 

                                                       "De sene mortem differre volente", ". 

Senex quidam mortem, quæ eum e uita ereptura aduenerat, rogabat ut paululum differret, dum testamentum conderet et cætera ad tantum iter necessaria præpararet. Cui mors « Cur non inquit hactenus præparasti, toties a me admonitus ? » Et quom ille eam nunquam a se uisam amplius diceret, « Quum inquit non equales tuos modo, quorum nulli fere iam restant, uerum etiam iuuenes, pueros, infantes quotidie rapiebam, non te admonebam mortalitatis tuæ ? Cum oculos hebescere, auditum minui, cæterosque sensus in dies deficere, corpus ingrauescere sentiebas, nonne tibi me propinquam esse dicebam ; et te admonitum negas ? Quare ulterius differendum non est. » Hæc fabula indicat ita uiuendum, quasi mortem semper adesse cernamus.

 

 

 

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