Lien avec un article de Judith Lyon-Caen intitulé ''Le romancier, lecteur du social dans la France de la Monarchie de Juillet''

Publié le par Claire Antoine

Lien avec un article de Judith Lyon-Caen intitulé ''Le romancier, lecteur du social dans la France de la Monarchie de Juillet''

J'ai trouvé le passionnant article en lien à l'occasion de ma recherche documentaire, préalable à la pièce que j'essaye d'écrire, (dont le personnage central  sera Amable Tastu) en élargissant mon champ de vision jusqu'aux années 1848/49, ceci pour éviter de me cantonner à la Révolution de Juillet et de réduire, du même coup, la vie d' Amable à celle d'une poète romantique de nos jours méconnue et absente des anthologies...ce qui la rend donc...forcément suspecte, quelque part..., de médiocrité. Or, en 1830, elle était loin d'avoir dit son dernier mot ! 

L'article m'a fait penser à mon trouble le jour où je me suis rendu compte de la façon dont laquelle un prof d'histoire-géo pouvait "utiliser" Germinal d'Emile Zola pour n'y trouver quasiment que des informations sur la mine et les mineurs.

Pour ma part, je n'aime pas lire/ faire lire (mais c'est peut-être aussi dommage) les romans - même dits "réalistes" - avec le prisme "informatif", documentaire qui me déçoit toujours.  

C'est oublier qu'un roman est une oeuvre de composition, avec ses clichés, ses enjeux "littéraires", que le grand Zola, pour ne citer que lui, (mais les romanciers "réalistes"/"naturalistes" sont nombreux) est un "artiste" à la sensibilité et "l'écriture" particulière, qu'il fait avant tout - même s'il introduit dans ses livres des fiches documentaires - un travail sur le langage et la langue (qu'il utilise bien évidemment aussi selon la vision personnelle et "politique" du rôle qu'il entend jouer dans la société).

Ce serait, sinon, comme prendre aussi toutes les productions audio/visuelles comme des illustrations de "tranches" de vie dont il s'agirait de témoigner dans la "vraie vie"; comme un état des lieux de modèles préexistants imitables ( Ah ! c'est comme ça qu'il faut/ne faut pas faire....)  

Voici quelques extraits de l'article qui ici évoque surtout Balzac,  le prétendu "secrétaire de la Société française" :

"[Se détourner de] la question de la valeur documentaire de l’opus balzacien pour s’intéresser à la proximité troublante de l’écriture romanesque balzacienne, dans sa construction et ses procédés, avec ce que devrait être celle de l’histoire sociale.

(...)Le problème de l’historien est de « comprendre comment, à partir de cette observation consciente et inconsciente, dévorante et passive » de son temps, Balzac a « décrit et recréé, jusqu’à donner l’impression d’imiter la nature, d’apporter non un roman, mais un document ».

(...)Dans un article (...) Louis Chevalier, après avoir longuement ausculté la vérité historique de la Comédie humaine à la lumière des acquis de l’histoire quantitative, (...) se demandait si la plus grande force de la Comédie humaine ne résidait pas dans sa vérité architecturale : la vérité de sa « conception », de son « invention », de sa « structure », de sa « lumière et de ses mystères ».

Le système balzacien « correspond parfaitement aux exigences de l’histoire et de la description sociale », la Comédie humaine « apporte à l’histoire et à la société leur programme et leur modèle » Il insiste tout particulièrement sur la vision constructiviste des groupes sociaux chez Balzac : « Balzac nous apprend qu’il n’est pas de définition en soi des classes sociales, ni, pour leur étude, de méthode applicable indifféremment à toutes les classes et en tous temps ». Balzac apporte donc le modèle d’une démarche de sociologie compréhensive, comme il offre celui d’une écriture de la complexité du social, de l’articulation du singulier et du collectif, du biologique et du social.(...)" 

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