Notes sur un texte théâtral en construction (à partir d'une réflexion du 21/10/2009 sur Peter Szondi)   

Publié le par Claire Antoine

Notes sur un texte théâtral en construction (à partir d'une réflexion du 21/10/2009 sur Peter Szondi)   

                                                     Notes sur un texte en construction

                                           (à partir d'une réflexion du 21/10/2009 sur Peter Szondi)   

 

Je cherche à écrire "un texte théâtral" autour du personnage d'Amable Tastu.

J'ai beaucoup de matière, mais finalement je ne trouve pas vraiment "le ressort dramatique" qui me permettrait d'avancer. 

 

Mes saynètes sont habituellement des dialogues dits "absolus", de type aristotélo-hégelien, ceux d'une "voix qui se casse en plusieurs voix", résorbée dans les personnages. 

Avec souvent, à la fin, une échappée vers une sorte de monologue qui se présente comme un récit à la 3e personne du singulier, émanant d'un personnage omniscient qui va ramasser la situation, prendre en compte les préoccupations et les affects du personnage principal (surtout) et conduire rapidement l'action vers une fin plus ou moins "ouverte" qui convoque le futur. 

 

C'est un abandon du dialogue, par lassitude des personnages, par nécessité d'en finir sans tragédie. Le dialogue n'est plus possible, les  personnages qui sont entrés en collision sont épuisés. Ils n'ont plus rien à dire.  Quelqu'un doit parler pour eux et envisager qu'ils ne sont que des personnages. 

 

Pour Amable, je veux éviter de tomber dans l'idée du personnage central qui reçoit ses amis ( célèbres George Sand, Madame Récamier, Sainte Beuve, Lamartine, Delphine Gay...) les uns après les autres ou tous ensemble, comme dans un salon ( elle était "salonnière"). Type catalogue, chaque personnage invité parlant de lui et de ses préoccupations/voyages etc. Une pièce de ce style existe déjà, il est inutile d'en faire une mauvaise "copie".

 

L'angle féministe serait intéressant, même si Amable n'a jamais (officiellement) rien revendiqué dans ce sens là, sa culture, son talent d'écrivain, sa sociabilité, sa compassion pour les êtres qui l'entourent en font une femme "agentive". 

- Peut-être n'avoir que des personnages féminins et les hommes n'étant que "ceux dont on parle".  

Des femmes aux avis partagés sur les rôles qui leur sont dévolus, et ainsi rester dans le dialogue à la Hegel pour lequel "les individus en action peuvent révéler les uns aux autres leur caractère et leurs buts, qu’ils expriment leurs discordances, et impriment ainsi à l’action un mouvement réel".

Toujours la collision qui maintient le spectateur/lecteur en éveil.

- Peut-être "aménager" l'acte III des Femmes savantes de Molière ? Mais sans les préjugés sexistes sous-tendus par le texte du XVIIe.

- Peut-être à un moment donné, ( entre deux invités) un monologue d'Amable qui se replierait sur elle-même, pour faire part de ce qui l’oppose aux autres, ou de ses contradictions internes et où elle se déciderait à réaliser une intention ? Mais laquelle ? 

- Ou alors plutôt,  toujours autour d'un dialogue central, plusieurs monologues, courts, où chaque personnage invité parlerait d'Amable, en termes plus ou moins cordiaux, pour créer une petite  ondulation pointant vers l' hypocrisie des salons, ce qui aurait l'inconvénient, puisque ce sont des personnages célèbres et révérés qui sont mis en scène, de les "caractériser" un peu négativement. 

 

Le problème est aussi de savoir ce que je veux "dire", faire savoir d'Amable.  La faire connaître, mais comment ?

En fait, en général, quand on parle d'elle, pour la mettre en valeur, on montre qu'elle a fréquenté des auteurs célèbres... Et on se demande pourquoi elle est si peu connue. Nous voulons, avec Les Ami·e·s d'Amable Tastu la sortir de l'ombre. 

 

- Je pourrais aussi envisager, à la Koltès, " un dialogue des monologues". Un montage de monologues "qui cherchent à cohabiter", avec entre eux des liens assez "lâches". Sans que se manifeste (trop ouvertement du moins) un narrateur "sujet épique". 

Pour que ce soit "vraiment" koltésien il faudrait que les monologues ne soient pas assujettis au dialogue.  Les espaces "monologiques" glissent les uns à la suite des autres, se frôlent, avec des "raccords" comme au cinéma, thématiques ou autres (?) 

 

Ce serait peut-être intéressant pour mettre un peu en cause les salons du XIXe, contrôle social, où les gens sont en représentation et pour dire que l'essentiel/la vérité (?) se passe ailleurs.

 

 Une voix de rhapsode  

 

Ce type de dialogue-montage ne se présente pas comme un échange entre des personnages dans leur "absolue présence antagoniste" qui font devant nous, le tri entre des arguments, qui élaguent leur pensée, l'affinent dans un sens dont ils n'ont pas toujours conscience, où il y a souvent "un gagnant" et "un perdant". On serait plutôt face à des visions qui échappent à l'aigu des arêtes du présent et qui donnent une épaisseur (temporelle) aux personnages. 

 

                                                A ce moment-là quid d'Amable ?

 

Le sujet pourrait "tout simplement" être : Qui est Amable Tastu ? Un personnage complexe, ambigü

                                                                                       

                                                                                                       (à suivre) 

Ci-dessous lien avec le blog des amisdamabletastu

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