Ecrire des souvenirs - 185

Publié le par Claire Antoine

Aquarelle Caroline Antoine

Aquarelle Caroline Antoine

 

J’aseptise les paroles

De mes souvenirs d’hier

Je les malaxe

Pour qu’elles se détachent

Se pulvérisent

Tombent en ronde, 

En taches 

Eparses et jaunes,

Autour du pommier

Délaissé du jardin.

 

Je me souviens et j’écris

Des mots en fouillis

Je voyage -  

Etrangère à mon texte -

La page se dérobe.

Je creuse - émerveillée

La distance qui m’empêche

De toucher,

Et qui effleure sans les voir d'autres choses.

Je veux, par là, je crois, expérimenter

Des chemins

De travers

Atomiser les antiques balises

Loin des "yeux horribles de [mes] pontons"​;

Enregistrer

Au micro de l’écriture

La voix voilée secrète entrecoupée

De ma parole

Ô Sonorités contenues

Dans la page d’hier -

Aujourd’hui,

Mnémosyne aux traits

Ravinés, fracturés.

Equilibriste au passage clé

De l’arête aléatoire

Pour l’ascension

D’ un dévers

Aux dépliés interdis

Qui se courbe

Vers l'au-delà

De la verticalité aléatoire du mur.

 

Je flotte à la recherche

De l’angle rentrant

D’où je pourrais lire

A ciel ouvert

Sur deux parois rapprochées

Ma vie 

Réalisée, usée

Bien tassée, glacée.

La ramener, par la main la remonter,

L’incurver

Et sur un pas de danse

Léger

La tourner vers demain.

                                                                                Claire

 

 

 

Publié dans Poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article