Le lieu en creux de la pensée des dés-oeuvrés...

Publié le par Claire Antoine

Le lieu en creux de la pensée des dés-oeuvrés...

"(...) Ces chants épars où j’ai laissé mon âme ;
Ils vivront peu ; mais peut-être une femme,
A leur douceur séduite par degré,
Suivra de l’œil la page fugitive…
Puis tout à coup s’arrêtera pensive,
En répétant tout bas : Quoi, je mourrai ! "Amable Tastu, La mort 

 

Et dire que je mourrai ! 

 

Pétrarque dit : "J'ai lu Virgile, Boèce (de Dacie), Cicéron, non pas une fois mais mille, je ne me suis pas contenté de les lire superficiellement, je les ai médités et étudiés avec soin. Je les ai dévorés le matin pour les digérer le soir, je les ai avalés comme un jeune homme pour les ruminer comme un vieil homme . »

Et puis Gérard Genette dans Figures II,  parle de ce lien  ambigu, équivoque, confus, qui existe entre les œuvres – dont alors la « pureté » est compromise -  quand quelqu’un un beau jour s’amuse à les questionner, à créer des échos de l’une à l’autre.

Ceux qui pratiquent ainsi appartiendraient à la grande société des « créateurs sans créations », qui profondément des-œuvrés, seraient aimantés par un vide central dont « l’écriture critique dessinerait une forme en creux »…

C’est dans ce creux accueillant d’un bouillon de mots aux parfums aussi galvanisants que variés que l’écriture devient le lieu de la pensée ;  dans ce lieu de silence où la pensée se met à bouger, à choisir, à se transformer à la manière de Théophile Gautier « dans la spirale sans fin du vide où elle s’enfonce ».

Pensée qui dans le mouvement des mots qui se déplacent devient sienne, qui s'accordent avec sa danse à elle, avec son rythme à elle, aux battements de son cœur et son langage lui échappe, loin d'elle dans un jeu de capture dont elle pourrait mourir.  

 

                                                                   Pas grave, j'irai les retrouver... 

 

Publié dans réflexion

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