L'exposition FRAC Lorraine ''La timidité des cimes'' vient de se terminer

Publié le par Claire Antoine

En ville, le soleil (artificiel du lampadaire) se planque sous les arbres.

En ville, le soleil (artificiel du lampadaire) se planque sous les arbres.

                   Si le bien comporte en lui sa propre négation, le mal aussi, ...du coup

Le FRAC Lorraine et c'est un de ses grands atouts, permet de réfléchir, même à ceux qui comme moi ne sont pas  plasticiens. L' idée de timidité des hauteurs ultimes est intéressante. 

                               Métaphore in praesentia morale, axiologique 

Un petit détour...Timidité : j'ai entendu quelqu'un dire, un jour, parlant d'un élève dont un collègue, pour expliquer son attitude un peu inhibée disait qu'il était timide : "Les timides, je ne les plains pas, je ne les aime pas : ce sont des orgueilleux." Ils adoreraient donc les cimes et se morfondraient voilà pourquoi ils feraient la gueule et diraient pas toujours bonjour et baisseraient la tête en refusant de te parler.

Autant le dire, comme j'ai de très beaux restes de timidité,  alors je me sens concernée ... par la canopée 

Prenons l'exemple de celle qui se trouve dans la forêt tropicale humide. (Mes connaissances viennent de wikipedia et sont très récentes, alors j'ai inséré supra des liens). C'est l'étage supérieur de la forêt, (de 3 à 12 mètres de hauteur) directement influencé par le soleil où règnent, dominant les autres de leur hauteur, les arbres émergents (amusant). La canopée est un écosystème, riche de biodiversité. des espèces qui d'ordinaire vivent au sol s'y sont "réfugiées" comme des  vers, des crabes, des grenouilles, et incroyable, des kangourous, des fourmiliers et des porc-épics !!!  Ils trouvent à s'y nourrir : fruits, graines, feuilles et animaux "végétaliens. La flore y est riche de lianes et d'épiphytes dont l'étymologie nous dit qu'ils prennent vie έπί , sur, à la surface d(e) d'un  φυτόν, un végétal. Des plantes qui poussent en se servant d'autres plantes comme support, sans être parasites,  car elles ne prélèvent rien au détriment de celles-ci.

                      On y arrive...Entre ombre et lumière la concurrence est rude

 La présence puissante et forte d'une riche canopée répand une ombre qui peut pendant un temps inhiber la croissance de certains arbres qui se trouvent ainsi, pour continuer la personnification, "dominés".  Mais ceux-ci,ceux dont la croissance a été ralentie, qui sont "restés sous le boisseau"  peuvent prendre "leur revanche" à la faveur d'une trouée de lumière, et retrouver plus tard que les autres, ayant tant attendu, une grande vitalité, parfois même, plus grande. 

                                                    "Les fentes de timidité"  

Les arbres, là-haut, dans la canopée, rassemblent leurs cimes pour protéger leur écosystème. La timidité des cimes est  un phénomène botanique. 

Comme si chaque arbre définissait la limite de sa croissance, maintenant ainsi une coexistence harmonieuse dans la canopée, préservant en quelque sorte les caractéristiques et les "comportements individuels" grâce à ces « fentes de timidité », des trouées de lumière. 

Les arbres seraient mus par ce qu'on peut appeler une "conscience". Ils communiqueraient entre eux par signaux chimiques interposés. Ils respecteraient ainsi l'espace vital des uns et des autres et s'organiseraient en s'échangeant des informations nécessaires à leur survie. 

Et c'est ainsi qu'ils provoqueraient ce qu'ici on appelle des « fentes de timidité », des petits espaces, qui  laissent passer la lumière. Complètement fermés pour se protéger, mais l'ombre n'y est pas partout épaisse, si on cherche bien, les yeux peuvent y capter des rais de lumière.  Ce qui signifie que des espèces peuvent vivre à l'ombre de ces grands arbres puis se frayer un chemin  ascensionnel pour être en contact plus large et surtout direct avec l'astre solaire... 

                                        Une ouverture sur des espaces possibles, 

qui interroge et combat d'une certaine manière le principe communément admis, tragique, d'une nature hégémonique qui ne travaillerait qu'à reprendre ses droits et à étouffer toute vie, 

ce  que nous traduisons/adaptons facilement à notre  humanité/tude, grâce aux concepts clés (en main), dès que ça nous arrange du struggle for life, de la La loi du plus fort où l'homme est un loup pour l'homme, prendre la part du lion et autres "si c'est pas toi qui prend ce sera un autre, alors écrase-le et bouffe tout",

alors... Les interstices, "les fentes de timidité" représenteraient, pour les humains, des espaces où ceux que "la société" -  une entité agissant avec cette "naturelle" conscience respectueuse de l'espace vital nécessaire aux uns et aux autres, mais pas forcément tous en même temps -  étouffe, rejette, déprime, supprime, pourraient/devraient attendre leur heure ...à l'ombre, dans l'ombre des bien lotis, bienveillants, finalement, grâce à un principe dont ils n'ont même pas conscience...sinon...

Accepter l'organisation de ceux qui montent et caracolent en tête vers les "cimes", c'est mieux là-haut, on respire mieux, il y a moins de monde, pour se faufiler un jour ( si dieu ou si nature ou si société le veu(len)t)

 par des rais de lumière, des fenêtres de tir, un alignement des planètes,  et grâce à la photosynthèse s'épanouir enfin. Donc, attendre, ne pas mourir trop tôt, avoir gardé sans qu'elle ne s'émousse, toute son énergie, ne pas ronger son frein, pour répondre enfin à l'appel à la lumière de ceux qui devenus secs d'avoir été trop exposés laissent enfin, aux timides inhibés une petite place "au soleil". T'inquiète, "ton tour viendra"... 

       Oups !!! Quand je me laisse aller, ça devient vite ironique, aigri, pessimiste etc.

                                                        Je me reprends !

 L'idée d'une intelligence de la planète me plaît, de l'échange aussi, l'idée d'une sorte d'organisation "naturelle" de principe premier qui secrètement s'arrangerait pour que la vie puisse continuer me fait penser à Lucrèce. Me conviennent aussi les retombées sociétales avec l'idée "de nouveaux scénarios participatifs afin de s'enrichir mutuellement dans le respect de l’autre et de ses différences".

 En bref c'est un message d'espoir, mais il  faut peut-être parfois anticiper un peu sur l'approbation et le laisser passer des grandsgrosnantisrichesvieuxpuissants, puisque de toutes les façons, ils finiront par être/se sentir mystérieusement  obligés pour x raisons, d'être d'accord.                                            

 

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