177 -_-_- Tressage pour une sagesse. Texte de Lucrèce, traduction collective et rajout rimbaldien en rouge pour lactescence

Publié le par Claire Antoine

Suave, il est doux

mari magno turbantibus aequora ventis,

quand sur la vaste mer les vents soulèvent les flots,

Illumin[és] de longs figements violets...

Roulants au loin leurs frissons de volets

e terra magnum alterius spectare laborem, 

 d 'assister depuis la terre aux grandes difficultés

auxquelles les autres sont confrontés;

Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots 

Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes

 non quia vexari quemquamst jucunda voluptas,

 non pas que ce soit un plaisir tellement agréable de voir quelqu'un souffrir;

 mais parce qu'il est doux de se rendre comptes des malheurs

auxquels soi-même on échappe, sed quibus ipse malis careas

quia cernere suavest 

 Il est doux aussi, suave etiam

Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants

 d'assister aux grands combats d'une guerre,

belli certamina magna tueri, qui se déroulent dans les plaines,

per campos instructa, tua sine parte pericli, 

sans prendre sa part du danger. 

sed nihil dulcius est, mais la plus grande des douceurs

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème

De la Mer c'est d'occuper bene quam munita tenere,

edita doctrina sapientum bien fortifiés, édifiés par la pensée

des sages, templa serena, les sereins espaces sacrés, 

infusés d'astres et lactescents despicere

unde queas alios, tu peux, de là-haut, regarder les autres,

 passimque videre/errare les voir bringuebaler

de ci de là Dans les clapotements furieux des marées

et chercher au hasard la voie de la vie atque viam palantes

quaerere vitae, La tempête a béni mes éveils maritimes

 certare ingenio, lutter à qui l'emportera en intelligence, 

contendere nobilitate,  rivaliser de noblesse,

forcer le mufle aux Océans poussifs 

et s'efforcer noctes atque dies,  jour et nuit,

délires et rythmes lents nitipar un travail intense

de s'élever au faîte des richesses  ad summas emergere opes

 et rerumque potiri, de s'emparer du pouvoir.

 Ô misérables esprits des hommes, ô cœurs aveugles ! 

Miseras hominum mentes, o pectora caeca !

Ô misérables esprits des hommes, ô cœurs aveugles ! 

Dans quelles ténèbres, parmi quels dangers, 

qualibus in tenebris, martyr lassé des pôles et des zones

vitae quantisque periclis, s'épuise ce peu de petits moments qu'est une vie. 

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes

 degitur hoc aevi quodcumquest ! Nonne videre...Comment ne pas voir  

Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

... que  la nature, nil aliud sibi naturam latrare,

nisi utqui crie sans rien réclamer d'autre pour elle-même,  

Libre (...) Planche folle que la douleur disparaisse

séparée du corps corpore sejunctus dolor absit, 

mensque fruatur jucundo sensu,que l'esprit soit heureux,

 libre d'inquiétude et de crainte cura semota metuque ?

L'eau verte pénétra ma coque de sapin

Et des taches de vins bleus et des vomissures

Me lava

 

 

Publié dans poètes latins

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