Conférence Emile-Pierre GUENEAU : ''Comment se construit l'image d'un quartier?'' Vendredi 5 mai 2017, à 20h au Centre Culturel de Metz Queuleu

Publié le par Claire Antoine

                                "Avant de se construire la ville doit aussi se rêver"

                                                        Emile Pierre Guéneau,

Docteur d'état en géographie, associé dès ses débuts au mouvement écologique messin promu par Jean-Marie Pelt et Roger Klaine, président et animateur de  l’Observatoire urbain du centre ville et de la ville de Metz et auteur notamment du passionnant ouvrage, La colline de Bellecroix, paru aux Editions Paraiges 

                                              sera vendredi 5 mai, à 20 heures,

      au Centre Culturel de Metz  Queuleu pour une conférence, avec support vidéo, intitulée :

                                   " Comment se construit l'image d'un quartier ?"

                                       Une grande place sera laissée à la discussion

                                               Nous vous espérons nombreux 

                                                                      ***

                    Quelques réflexions préalables si vous avez un peu de temps 

                                            quartier/paysage/territoire

Jean-Marie Pelt a écrit : . "Nous avons créé, avec mon ami Roger Klaine, à Metz, en 1972, le concept d’écologie urbaine. A cette époque, on ne parlait pas encore des problèmes d’énergie. L’écologie urbaine consistait à introduire de la nature à proximité des gens dans les villes. Il s’agissait d’une série de stratégies d’aménagement des espaces, y compris dans les centres-villes. C’était aussi la réappropriation par les habitants du patrimoine(...)le  bien-vivre en ville, qui perme[t] à ses habitants de s’y retrouver en tant que citoyens. L’introduction de la nature en ville est une priorité en matière de développement durable. La ville durable, c’est tout cela, une ville où l’utilisation de l’espace et le bien-vivre en ville pour les habitants sont cohérents."   Objet "réalité à observer, à décrire, expliquer, interpréter" ou représentation mentale, relative, socialement construite, produite par le regard, subjective  ?  "...une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations".  Entre une conception platonicienne du lieu"qui ancre tous les êtres en un lieu, leur donne une origine, une chair, une histoire, un devenir " et une autre aristotélicienne pour qui l'espace est un contenant. L'objet est un "construit", un point de vue intellectuel. Il implique un point de vue situé dans l'espace et le temps, un cadrage et des processus de construction mentale de l'image. C'est une posture dite "interactionniste" qui accorde une place à la recherche et la production de signification propre aux "interlocuteurs"avec le paysage, ainsi qu'à leurs déterminants individuels, sociaux, culturels. 
         La place du document pour une conception "réaliste": la photo et le paysage sont confondus ou la photo est traitée en tant qu'image de paysage, et elle est l'objet d'une analyse critique externe, comme il se doit de tout document "authentique" . 
Et pour la position interactionniste, soit l'image de paysage est interprétée en fonction d'un répertoire propre au lecteur, soit les images de paysage  s'inscrivent dans des processus de production du territoire. 

Petit catalogue de "Qu'est ce qu'un paysage ?" en fonction de points de vue particuliers

Le paysage "système"des géographes, à la croisée de six grands systèmes (écosystème, géosystème, psychosystème, politico-juridico système, sociosystème, système technico-économique).

.      "Le paysage-quartier est la saisie visuelle d'une portion d'espace qui nous environne"

                   Le paysage-quartier est l'interface entre la nature et l'homme.

Il résulte de l'interaction entre un support géographique, des dynamiques naturelles physiques ou biologiques et des pratiques humaines. "Le paysage perçu n'est pas le paysage vu. L'esprit humain ne photographie pas le paysage, il le rêve" (...) " C'est un héritage, un "produit social". reflet des "habitudes, les coutumes et les valeurs de ceux qui les modèlent". "... un signe plein de tous les besoins humains : se nourrir, consommer d'autres biens et services, posséder et exprimer une certaine conception de la justice sociale, se défendre, se réunir, s'associer, communier à certaines valeurs cosmologiques ou religieuses".    
Une "mémoire individuelle et collective": "ensemble différencié par les investissements affectifs dont il est l'objet". 
 Quand il est le "paysage Territoire", des gestionnaires en aménagement du territoire, il reflète les conflits qui traversent la société qui les crée ou qui les habite. Le paysage "patrimoine collectif"des citoyens, des décideurs politiques et des médiateurs. n'a pas de valeur en soi, elle lui est donnée par des personnes, à un moment donné, ce qui pose "la question de la durée, du passage du temps, de notre propre passage". 

Le paysage Ressource, lui, est objet de consommation particulier, bien public, qu'il faut apprendre à gérer dans une perspective de développement durable et de partage équitable.    
Une approche économique du paysage va supposer une analyse des préférences des "consommateurs"de paysages, induites par la publicité, comme pour tout autre produit. 
Quant au paysage "jardin"des paysagistes, c'est l'" expression des projets et des spéculations sur l'avenir d'une société, les signes dont il est porteur ont parfois été dessinés pour diffuser des messages intentionnels ".
 Le paysage "décor"des producteurs ou utilisateurs d'images de paysages (artistes,  pédagogues ou écrivains)  sert à inscrire une histoire, à illustrer ou appuyer un discours, faire passer un message et il peut devenir une  référence plus "réelle"que les paysages réels.

                                                                                        

                              "La ville durable n’est donc pas une utopie ? Pas du tout." 

      « La ville peut non seulement permettre mais aussi favoriser le  développement physique et surtout psychique et spirituel des hommes et des femmes qui l’habitent », a écrit Roger Klaine.

 

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