Les contes de fées de l'oral à l'écrit, garder la diversité de la vie avec une ''même'' histoire, à travers les temps

Publié le par Claire Antoine

Les contes de fées de l'oral à l'écrit, garder la diversité de la vie avec une ''même'' histoire, à travers les temps

Quand on oppose l'oral et l'écrit, on comprend combien la communication orale dans laquelle la coprésence des destinateurs/destinataires, est toujours, même quand elle semble la plus formelle soumise à des facteurs imprévus/visibles qu'ils ne peuvent absolument pas être rendus par un texte écrit, qui lui, dépend d'autres critères et qui prend  un instantané   qui comme une photo, va figer pour toujours  des mots  et des significations. Et quand "de l'oral" doit être rendu par écrit, même dans le cas de la retranscription d'une réunion/conférence ou autre à partir d'un enregistrement, il y a interprétation, traduction : travail de l'oral qui change de statut, en quelque sorte et devient texte à tailler, biseauter, rythmer. 

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 Madame d'Aulnoy, une précieuse du XVIIe, célèbre conteuse, qui dans un premier temps racontait, elle-même,  oralement des contes de fées, ne pourra plus guère que - quand, pour répondre à l'engouement qu'ils provoquaient, elle les transcrira - (que) s'inspirer, plus ou moins, de situations d'oralité, vécues.  Dans les contes merveilleux écrits, Perrault aurait été le (un des) premier(s), en France,  à fixer des contes par écrit, d'abord en vers, pour les trois premiers, dont Peau d'âne, puis en prose.   En fait leur naissance "officielle" daterait du XVe et serait "originée" en Italie, grâce à Basile et Straparole, respectivement "auteurs" du Pentamerone et des Nuits facétieuses,  textes que, par ailleurs,  Perrault aurait eus sous les yeux quand il écrivit Peau d'âne entre autres.  

                                                              En résumé quintescentique                              

Des contes écrits du XVIIe, siècle auquel le genre se diffuse, se dégage une sorte d'idéal salonnier, mondain. Ils miment, d'une certaine manière, une situation  de communication qui met en scène uneun conteuseteur, face à un public complice, situation redoublée par, ou en  parallèle avec,  l'image d'une grand-mère assise entourée d' enfants attentifs. On pourrait dire que, 

pour pallier l'inconvénient de la mise à mort de la spontanéité et de la richesse des variations/variétés  des transformations des récits, dues, pour simplifier,  à l'adaptation des conteurs à leur public, car ils doivent le séduire,  pour garder donc, en quelque sorte, des traces vivantes des histoires de partout,  d'hier par/pour aujourd'hui,  qui ont à voir avec  l'adhésion à un/des monde/s toujours mouvant/s,  le conte  signifie "les contes", qu'en lire un c'est savoir qu'il y en a d'autres, qu'il a vécu/vit , "ailleurs", au fil du temps, des transformations, variations, transgressions, adaptations. le conte genre palimpseste où l'écrit remplace la vie de l'oral par la multiplicité de ses variantes. 

                                      
                                           Texte en variations
          Les contes,  mouvants et stables, se transmettent de conteur à auditeurs parmi lesquels se révélera un autre conteur pour le reprendre qui ne pourra que le modifier,  puisque le répertoire personnel est aussi sujet à variation,  sans perte de son "identité", pour qu'il reste toujours en vie, tout en étant tiré/tiraillé du côté de la fixité et de la "mise à mort" dans un désir d'éternité.

Publié dans Contes

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