Mardis-Poésie : Les unanimistes, où quand le ''Je''du poète s'étend aux dimensions du monde (1)

Publié le par Claire Antoine

L'idée est que  l'artiste, ne doit pas rester dans sa tour d'ivoire, qu'il a à participer  doit participer aux courants profonds de son époque. L'unanimisme est à dater, pour la France, entre le symbolisme et le surréalisme
Jean-Richard Bloch disait en 1912 "Je ne connais pas de beauté pure, immanente et perpétuelle"; à travers l’art saisir une conscience collective : l'unanimisme, pour créer un lien entre les hommes (collectif versus individu). Mouvement poétique du début du XXème siècle, en réaction contre l'individualisme, contre les esthétiques du discontinu (décomposition/unité et  simplicité; fragment affranchi de la totalité) qui traversent la modernité. Le surréalisme aussi // fulgurance de l'image, instantané de la rencontre bouleversante, transport d'énergie poétique. Ex. en peinture Max Ernst déconstruit l'ordre positif et bourgeois, découpe les illustrations des romans populaires et des ouvrages de vulgarisation scientifique. Le XXe s valorise l'inachevé, l'hétérogène, le multiple, le déconstruit se méfie de la linéarité et de la cohérence renonce à un monde unifié (religion politique, science...). 
  Mouvement influencé par le Symbolisme qui  revendique une intercommunication des esprits, une osmose des consciences individuelles avec la conscience collective. 
Le "je" doit désormais s’étendre, se projeter au dimension du monde et plus seulement en son for intérieur. Le poète s'attache à montrer une multitude d'individus dont les trajets parallèles ou croisés forment le mouvement de la société, donne lieu à une représentation simultanée. CF l’influence lyrique de Walt Whitman (1819-1892) dont l'oeuvre célèbre la création en vers libres et sans rimes par "une sorte de barde, sincère et universel" . Célébration de la sexualité, sensibilité démocratique du poète qui dont le"je" est à la jointure du poète de son et de son lecteur.  Dans Perspectives démocratiques ( 1871), il critique "la puissance de (l)a richesse multiforme de (l)'industrie" de son pays qui cachent "un Sahara sec et uniforme " de l'âme. La littérature, pour lui, doit insuffler une vie nouvelle à la population. 
Pour Jules Romains, l'inventeur du mouvement unanimiste, il faut dépasser l'individu qui ignore sa situation réelle et saisir l'importance du groupe et de la solidarité. Dans La Vie unanime un long poème épique il met en mots cette évolution vers la fraternité, au gré de soubresauts individualistes. Leurs thèmes : la ville moderne tout en mouvement qui vit par sa participation à  l'âme enthousiasmée de ceux qui contemplent ses ponts, ses rues, ses quartiers, sa gare ...La poésie est souvent plutôt académique dans la forme, même si les conventions de la versification sont souvent débordées par l'élan de la foule. L'espace urbain, est représenté comme un lieu de bonheur favorisé par le lien de parenté qui existe entre chaque ville., et qui s'ouvre même à toute l'Europe. Une  idéologie marquée par la fin de la guerre.
 Jules Romains raconte avoir eu en 1903, « l'intuition d'un être vaste et élémentaire, dont la rue, les voitures et les passants formaient le corps et dont le rythme emportait ou recouvrait les rythmes des consciences individuelles ».

Publié dans Mardis-Poésie

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