Atelier poésie du 26 janvier - La fable et ses réécritures : La cigale et la fourmi

Publié le par Claire Antoine

Atelier poésie du 26 janvier - La fable et ses réécritures : La cigale et la fourmi

                                                  La Fontaine : 1621 – 1695

 

"Pasticheur original" et le plus pastiché de tous les écrivains français" et malgré tout  "demeuré  si désespérément inimitable."  

                                     

                                   Histoire(s) de moralité(s)

 

                 Les hypotextes "originels"   pour La Fontaine          

 

                                                   La cigale et les fourmis 

 

Fable qui illustrerait les conséquences d'une vie placée sous le registre de la frivolité et de  l’imprévoyance, qui ne considèrerait pas le travail comme une vertu.... Et c'est la moralité empruntée à Ésope ( fabuliste grec ~~VIe avt JC ) : « Cette fable montre qu’en toute affaire, il faut se garder de la négligence si l’on veut éviter le chagrin et les dangers. »

 

Il a  écrit également  - " La fourmi et le hanneton" 1 et "La cigale et le hanneton" 2  qui seraient elles aussi à l'origine de la fable réécrite par Jde LF.

C'est le hanneton, le seul apostrophé "O hanneton", le seul dont on entend le nom,  qui après sa mésaventure avec la fourmi "comprend la leçon" et ...l'imite, au détriment de la cigale... 

 

1"Par un jour d'été, une fourmi, errant dans la campagne glanait du blé à la mauvaise saison. La voyant faire, un hanneton s'étonna de la trouver si dure à la tâche, elle qui travaillait à l'époque même où les autres animaux oublient leurs labeurs pour jouir de la vie. Sur le moment, la fourmi ne dit rien. Mais plus tard, l'hiver venu, quand la pluie eut détrempé les bouses, le hanneton, affamé, vint la trouver pour lui quémander quelques vivres : « O hanneton ! » lui répondit alors la fourmi, « Si tu avais travaillé au temps où je trimais et où tu me le reprochais, tu ne manquerais pas de provisions aujourd'hui. »"

 

2"Un jour d'automne où soufflait un vent très froid, un hanneton chargé de provisions pour l'hiver fut suivi par une cigale .O Hanneton, mon bon hanneton, j'ai si faim, donne-moi un peu de cette nourriture supplia t-elle. Mais qu'as-tu fait tout l'été ? répliqua froidement le hanneton. J'ai chanté, balbutia la cigale. Eh bien, tu peux danser tout l'hiver maintenant, lui répondit le hanneton."

 

"La Cigale et les Fourmis"

Pendant l’hiver, leur blé étant humide, les fourmis le faisaient sécher.

La cigale, mourant de faim, leur demandait de la nourriture. Les fourmis lui répondirent :
" Pourquoi en été n’amassais-tu pas de quoi manger ?
Je n’étais pas inactive, dit celle-ci, mais je chantais mélodieusement. "
Les fourmis se mirent à rire.
" Eh bien, si en été tu chantais, maintenant que c’est l’hiver, danse. "
Cette fable montre qu’il ne faut pas être négligent en quoi que ce soit, si l’on veut éviter le chagrin et les dangers.

 

Le seul hypotexte pour la plupart des réécritures :

"La cigale et la fourmi" en vers de Jean de La Fontaine 

 

La morale y est implicite...comment savoir, alors,  si cette fable 1 du 1er recueil, qui date de 1668, la fable liminaire revêt la même signification - intemporelluniverselléternelle que celle de son vieil illustre prédécesseur ?  
 
                                                           Une parabole économique
La fourmilière, lieu de l'inhumanité, du travail, de la prévoyance et de l'économie raille et chasse non pas les marchands du temple mais  les  marginaux/ales "parasites",  guitareux/reuses, "intermittents".  
Le système scolaire se charge d' enseigner et de faire mémoriser ça, sans commentaire, à coups de bons/mauvais points/de règle, de bonnes/mauvaises notes, de punitions/récompenses, depuis des lustres...

 La cigale c'est aussi La Fontaine, lui-même, qui - comme tous les artistes - a eu besoin de la bienveillance de quelques mécènes. Son "protecteur" le plus célèbre a été Nicolas Foucquet, le Surintendant des finances de Mazarin.

 Le poète montre ici  la réalité des rapports de forces dans la société du XVIIe.

 

"La cigale et la fourmi"

La Cigale, ayant chanté

Tout l’été,

Se trouva fort dépourvue

Quand la bise fut venue.

Pas un seul petit morceau

De mouche ou de vermisseau.

Elle alla crier famine

Chez la Fourmi, sa voisine,

La priant de lui prêter

Quelque grain pour subsister

Jusqu’à la saison nouvelle.

" Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l’Août, foi d’animal,

Intérêt et principal. "

La Fourmi n’est pas prêteuse

C’est là son moindre défaut.

- " Que faisiez-vous au temps chaud ? "

Dit-elle à cette emprunteuse.

- Nuit et jour, à tout venant,

Je chantais, ne vous déplaise. 

-Vous chantiez,j’en suis fort aise.

Eh bien ! dansez maintenant ! ".

D'autres variations seront lues, des duels où s'opposent déclinées de plusieurs façons  l'insouciance et le sérieux, le renard et la cigale, durs en affaire, rivalisant d'hypocrisie, la fourmi et la poussière, face à la cigale et sa "bonne"...La fourmi qui solde ses stocks, la   cigale politicarde de "la France d'en haut",  qui "enfume" son monde, fait son show, face à la fourmi qui travaille à l'usine etc. 

 Exercice  à partir d'un proberbe

                 Deux animaux ou deux plantes dialoguent pour défendre une de ces 3 morales           

- Bien mal acquis ne profite jamais

- On ne dit jamais "Fontaine je ne boirai pas de ton eau"

- Beaucoup de bruit pour rien

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