Modèles fondateurs d'une poésie dite féminine : Clémence Isaure et les jeux floraux (avant Clotilde de Surville, XVe, Louise Labbé, XVIe, et après Sappho)

Publié le par Claire Antoine

Modèles fondateurs d'une poésie dite féminine :  Clémence Isaure et les jeux floraux (avant Clotilde de Surville, XVe, Louise Labbé, XVIe, et après Sappho)

Clémence Isaure est un personnage médiéval semi-légendaire, à qui on attribue la fondation ou la restauration des Jeux Floraux de Toulouse. Elle fut au cours des siècles admirée par des rois de France, notamment  Louis XIV et Louis-Philippe.

Au XVIIIe s  on dit que Clémence Isaure " ... était une très riche et très généreuse dame, qui aimait la poésie et les belles lettres. Elle aurait fait un legs par lequel la ville de Toulouse sous la forme d'un prix décernerait chaque année au mois de mai des fleurs d’or et d’argent aux meilleurs poètes. L'institution ainsi créée fut appelée l’Académie des Jeux floraux, parce que les lauréats recevaient, dans l’ordre, une violette d’or (la fleur souveraine), une églantine d’or, et enfin un souci d’or... (appelé “joie”.) Elle serait morte célibataire à l’âge de 50 ans, en laissant toute sa fortune à la ville. 

Il est possible qu’au XVème siècle une riche société secrète ait inventé Clémence Isaure pour dissimuler son action.

Parmi les poètes honorés par l'Académie des Jeux Floraux on peut compter : Ronsard, Voltaire, Rousseau, Hugo, Vigny, Lamartine, Chateaubriand... 

                    Depuis le XIXe l'Académie dispose : - De 9 Fleurs d'or et d'argent.

* La Violette avec mêmes destinations qu'au XVIIIe siècle (Poèmes, Epîtres, Discours en vers). Une Violette d'or fut créée en 1880 par le Capitaine de Vaisseau de Roquemaurel. Comme cette fleur d'or devait, tous les trois ans, couronner un poème sur sujet imposé, on comprend que son obtention ait été difficile.
* Le Souci, comme en 1694, et avec mêmes attributions qu'au XVIIIe siècle (Églogues, Idylles, Élégies, Ballades).
* L'Églantine, qui a été restaurée en 1886, après son incompréhensible suppression de 1806. Elle est désormais d'argent et non plus d'or comme celle de 1747. Elle récompense plus particulièrement les sonnets. Une Églantine d'or réapparut en 1874, à l'occasion du cinquième centenaire de Petrarque que célébra un concours littéraire tenu en Provence: elle devait couronner la meilleure Ode à Clémence Isaure, mais il ne semble pas qu'elle ait été réellement attribuée.
* La Primevère, fondée en 1846 par le Président Boyer (1754-1853), Pair de France et Président à la Cour de Cassation. Elle doit (en principe) couronner les Fables et Apologues.
* L 'Œillet, pour les petits genres et comme prix d'encouragement.

Le Lys, dont l'affectation aux Hymnes à la Vierge a été maintenue par décisions de l'Académie (et non plus des pouvoirs publics) en 1851 et 1881.

* L'Immortelle créée en 1872 par le Conseil Général de la Haute-Garonne grâce à une allocation annuelle, et qui devait couronner un sujet d'histoire locale. C'était à cette époque une fleur en or. Elle disparut lors des guerres, mais elle fut rétablie en 1958 comme fleur d'argent annuelle, devant en principe récompenser la poésie française moderne.
* Le Narcisse, créé par le Conseil Municipal en 1959, et remis pour la première fois en 1960 à M. Roger Ténèze, de Lille, qui en obtint à nouveau un rappel en 1961. Cette Fleur est réservée à la langue d'oc.

* L'Amarante d'Or pour les Odes
2 - D'une Fleur en Vermeil. Le Laurier de Vermeil, fondé en 1922. Le Laurier est destiné à la meilleure pièce du concours annuel. 
3 - D'une Fleur en Or :  Le Liseron d'or, attribué pour la première fois en 1989 à Mme Pierre de Gorsse en mémoire de son mari, Pierre de Gorsse, ancien Secrétaire Perpétuel. 

 

 

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