Aux origines de la lyre, entre Homère et Leconte de Lisle

Publié le par Claire Antoine

Pour éviter la question des droits d'auteur du traducteur et faute de temps pour le faire moi-même, voici une  traduction de Leconte de Lisle (dont l'intégralité se trouve en lien) qui raconte les origines de l'instrument des poètes, la lyre qu'il choisit de nommer "Kithare" (Cithare).
 La lyre et la cithare sont associées au culte d'Apollon. La lyre fut toujours l’instrument privilégié des amateurs, la cithare était plutôt jouée par des professionnels...Le texte, par ailleurs, parle de  plectre, cet objet destiné à faire vibrer  les cordes, précurseur de l'archet...en bois, en corne, en ivoire, en métal ou en pierre précieuse, qui prend des formes variées de poisson, de fleur et qui se termine par une dent ou un crochet. Il est souvent attaché par une cordelette, à la cithare, car la lyre est le  plus  souvent jouée à une ou deux mains.  
                                                        Extraits  
Muse, chante Hermès, fils de Zeus et de Maia, la nymphe aux beaux cheveux (...) qui  enfanta un fils subtil et éloquent, voleur, ravisseur de bœufs, conducteur de songes, éclaireur de nuit, gardien de portes (...)
Né au matin, il joua de la kithare au milieu du jour, et, le soir, il vola les boeufs de l'Archer Apollon. (...) Dès qu'il eut jailli du corps immortel de sa mère, il ne resta pas plus longtemps couché dans le berceau sacré ...il se leva et chercha les boeufs d'Apollon...
et franchit le seuil de l'antre obscur 
...ayant vu une tortue (...)  qui  (...) paissait, devant la demeure, l'herbe fleurie, et qui  marchait lentement. (...) il rit et lui dit :
- (...)  Salut, être aimable, compagne qui excites aux danses et aux festins et qui m'es apparue heureusement ! 
D'où viens-tu, beau jouet, tortue qui vis dans les montagnes, à l'écaille variée ? 
Je vais t'emporter dans ma demeure. Tu me seras utile (...) Il est dangereux de rester dehors. Vivante, tu sers de remède à de nombreux maux, mais morte tu chanteras admirablement. 
Ayant ainsi parlé, il l'enleva de ses deux mains, et il entra aussitôt dans la demeure, portant l'aimable jouet. 
Et, là, avec un burin de fer brillant, il arracha la vie à la tortue montagnarde. 
De même qu'une rapide pensée traverse l'esprit d'un homme agité par de nombreuses inquiétudes, ou que des rayons jaillissent des yeux, 
de même l'illustre Hermès parla et agit en même temps. 
Il fixa des tiges de roseaux, coupées à diverses longueurs, et il les fit passer à travers le dos de la tortue ; 
puis, il tendit, autour, avec adresse, une peau de boeuf ; 
et il adapta les deux bras et le chevalet, 
et il tendit ensuite sept cordes harmoniques en boyaux de brebis.
 Puis, il fit résonner chaque note à l'aide du plektre
et la tortue, sous sa main, résonna, sonore ; 
et le Dieu, excité par son oeuvre, chanta admirablement  Zeus et Maia, aux premiers temps de leurs amours et sa propre naissance ; et il annonça son nom illustre (...) 
(...) Puis il déposa la lyre creuse sur le berceau sacré, et repensant aux boeufs (...)  il sauta de la demeure odorante sur une colline, méditant dans son esprit une ruse profonde, telle que les voleurs en méditent à l'heure de la nuit noire(...).

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