En lien un article en ligne, une réflexion sur les interactions rhizomiques (ni linéaires, ni orientées) des objets "mots" désignés et définis dans les territoires que sont les dictionnaires, par Jacques-Philippe Saint-Gérand

Publié le par Claire Antoine

                Référence électronique de l'article dont j'ai extrait quelques lignes

                   qui ont chez moi su stimuler mon appétence pour la suite du texte 

 

Jacques-Philippe Saint-Gérand, « Du rhythme : le désir du poëte et le dire des dictionnaires (1780-1914) », Semen [En ligne], 16 | 2003, mis en ligne le 01 mai 2007, consulté le 07 septembre 2015. URL : http://semen.revues.org/2675

                                      Extraits de l'introduction 

" Un dictionnaire ne devrait donc jamais être consulté en soi et pour soi, mais devrait au contraire être interrogé au sein d’un ensemble plus vaste d’instruments comparables, de sorte que la polyphonie des voix et la polyscopie des visions restituent toutes ses harmoniques et toute son épaisseur à l’objet désigné par l’adresse et défini par la paraphrase qui la suit. 

(...) ces ouvrages servent généralement à ramener de l’inconnu au connu, et à conformer des usages contemporains à des modèles du passé.

Mais, à cet égard même, leur consultation éclaire obliquement (...) la langue s’y réfléchit perpétuellement et la circularité de la relation des mots au discours, qui règne ici en maîtresse, ne cesse de mettre en difficulté la rectitude du jugement d’appréciation fondé sur la linéarité de la lecture des définitions que le lecteur voudrait toutefois établir...

(...) sur la manière dont les dictionnaires de la période 1760-1890 définissent le rythme d’un point de vue linguistique, que sur la façon dont ces ouvrages en travaillent la notion, dans leur propre succession et par rapport à eux-mêmes. C’est-à-dire dans une sorte d’énigmatique course de relais qui fait du signe ainsi isolé le témoin de transactions sémantiques échappant à leurs porteurs.

De passation en passation, malgré les rappels étymologiques, historiques, malgré les références, les exemples et les citations, les coureurs oublient en effet peu à peu l’origine, le terme, et la nature même de l’épreuve dans laquelle ils sont engagés par leurs discours.

C’est pourquoi les dictionnaires ne peuvent révéler la réalité des choses ou la vérité d’un objet, ils en marquent seulement — selon certaine épistémologie de la lexicographie — les variations de la consistance gnoséologique. [Celle qui concerne les valeurs et les limites de la connaissance . Et aussi selon Henri Lefèbvre dans Problèmes actuels du marxisme, 1951, " « La « gnoséologie » distingue plusieurs lois : celle de l’interaction entre les « choses » et les processus déjà distingués par une analyse concrète ; celle des rapports entre quantité et qualité ; celle du bond qualitatif à un moment donné ; celle enfin des contradictions comme raison du devenir » cf article Wikipedia ) 

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