La poésie est-elle indissociable d'une opposition, d'une discordance ?

Publié le par Claire Antoine

Plongée, grâce à Amable Tastu, dans un travail d'élucidation de "l'opposition" prose/poésie, au détriment de la prose présentée comme de la création verbale "dégradée", dépréciée,  j'ai trouvé la page en lien fort intéressante, à plus d'un titre. A titre personnel aussi.  Elle déborde de beaucoup, évidemment, les questions qui étaient les miennes au départ.

   Mais, encore une fois,  la curiosité l'a emporté... maudit soit ce penchant !

Voici, ci-dessous,  quelques extraits du texte qui est, en fait, sur le site Fabula,  un appel à contribution pour un  prochain colloque : excellent moyen de découvrir la façon dont on problématise certaines questions  de poétique contemporaines. 
 
Notes (sélection et parfois reformulation, destinée à dégager dans les propos quelque chose qui m'aide à appréhender, un aspect familier utile à ma réflexion.)                               
                                  Une forme hérétique du poème à la fonction novatrice .
- Percevoir et  repérer l’agression de/dans la langue (en particulier dans le lexique) consacrée à l’opposition en poésie. «Par un agencement souverain des matériaux disponibles – les mots habituels – l’écrivain (poète) ajoute une sens nouveau à ces mots et crée ainsi un monde à part, un monde poétique. La poésie est ainsi, dans un premier temps présentée comme une opposition au monde» Uvslokk, Geir, Jean Genet: une écriture des perversions.
 La véritable opposition poétique est-elle celle qui inscrit le verbe dans des moules antinomiques, l’un sémiotique et l’autre mimétique?  l’incompatibilité grammaticale, par exemple est-elle la preuve manifeste, même/aussi au delà- du sens littéral, d'une scission entre le poème et la grammaire du texte ? assouplissement verbal, ou  gymnastique langagière "ludique" ?
- Quelle  est la fonction de certaines formes pertinentes d’opposition en poésie qui structurent des aspects figurés du poème (avec, par exemple, comme marqueurs oppositionnels : néologisme, archaïsme, hapax, négativité formelle…) ? Comment pourrait s’appréhender, au travers d’une écriture d’opposition, l’élan novateur sous-jacent?
- En s’opposant, par l’écriture, à tout système langagier établi, le poème est-il encore, par sa forme, un signe (signifié et signifiant) ?
- Ne fait-il alors plus signe, s'il se soustrait virtuellement à sa fonction de circulation et d’échange pour s’établir rythme, musicalité, sonorité...présence musicalisée et rythmique du vers, de caractère purement ondulatoire ?
Trois axes sont proposés aux chercheurs universitaires :
-*L’idéologie (système prédéfini d’idées au plan social, politique, économique…) CONTRE la connaissance intuitive de la réalité sensible (détachement, perception et point de vue).
-*Le langage soumis à une norme CONTRE la poésie comme agression de la norme.
-*L’écriture d’information CONTRE la poésie comme une écriture de création (musicalité, rythme, sonorité).
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