Atelier ccq Nouvelle saison - Quelques exemples de Muses "associées" à des poètes

Publié le par Claire Antoine

Réveil de la jonquille

Réveil de la jonquille

Starting blocks 2

Catalogue où puiser des noms et des textes

 

Poètes (hommes) et leur(s)* célèbre(s) amantes/femmes Muses

(* j'aurais envie de placer là un "e" discret et muet...mais je ne peux...cela ne se fait pas, ce ne serait... pas... correct, grammaticalement, s'entend. Il y aurait "faute"à moins 4 points dans une "dictée" de jadis.)                                            

  DANTE ( XIIIe)

En 1274, rencontre pour la première fois sa muse Béatrice.  Première "apparition" dans  Vita Nuova:

" A ce moment, (...) le principe de la vie que recèlent les plis les plus secrets du coeur se mit à trembler si fortement en moi que je le sentis battre dans toutes les parties de mon corps..."

 

 PETRARQUE (XIVe)

A Laure de Sade/ de Noves (1310-1348)

"Il était une fois des cheveux d’or

(...)qui s’envolaient en mille doux lieux,

Et la lumière vague brûlait étrangement,

Les beaux yeux ne sont pas aussi faibles qu’ils paraissent.

 

Et je les vis (...),

Je ne sais si c’était vrai ou faux, il me semblait

Que l’appât amoureux arrivait à ma poitrine..."

 

       RONSARD  (XVIe)

Ses Amours (1552-1553), célèbreront Cassandre Salviati,

 

Ode à Cassandre

"Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que votre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse..."

 

Mais il y aura aussi Marie,

 

Marie, qui voudrait votre beau nom tourner,

Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie,

Faites cela vers moi dont votre nom vous prie(...)

                                                                             ***

"Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,

          Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
         Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses
."

                                             et Hélène

Quand vous serez bien vieille au soir à la chandelle...

 

                                                                LAMARTINE (~~1820)

Julie Charles, la muse de Lamartine est plus connue sous le nom d'Elvire : c'est pour elle que le poète composera Le Lac, in Méditations.

 

"Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,

Tout dise : Ils ont aimé !"

 

                                                                                                                           Elvire

                                                            Oui, l'Anio murmure encore 

Le doux nom de Cynthie aux rochers de Tibur, 
Vaucluse a retenu le nom chéri de Laure
           Et Ferrare au siècle futur 
Murmurera toujours celui d'Eléonore
Heureuse la beauté que le poète adore! 
           Heureux le nom qu'il a chanté! (...)          
Il lègue à ce qu'il aime une éternelle vie, 
Et l'amante et l'amant sur l'aile du génie 
Montent, d'un vol égal, à l'immortalité! 


 

 

 HUGO (1834)

Poème suggéré par la passion que lui inspire Juliette Drouet

"Mon bras pressait ta taille frêle

Et souple comme le roseau;

Ton sein palpitait comme l’aile

D’un jeune oiseau.

 

(...)

Que se passait-il dans nos âmes?

Amour! amour!

 

Comme un ange qui se dévoile,

Tu me regardais dans ma nuit,

Avec ton beau regard d’étoile

Qui m’éblouit."

 

 Et MUSSET ! Sa "Nuit de mai" in Poésies nouvelles (1836-1852)

 

 

Dialogue entre la muse et le poète

 

 

LA MUSE

 

Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;

La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore,

Le printemps naît ce soir ; les vents vont s'embraser ;

Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,

Aux premiers buissons verts commence à se poser.

Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.

 

LE POÈTE

 

Comme il fait noir dans la vallée !

J'ai cru qu'une forme voilée

Flottait là-bas sur la forêt.

Elle sortait de la prairie ;

Son pied rasait l'herbe fleurie ;

C'est une étrange rêverie ;

Elle s'efface et disparaît.

 

LA MUSE

 

Poète, prends ton luth ; la nuit, sur la pelouse,

Balance le zéphyr dans son voile odorant.

 

 

                                  BAUDELAIRE     (~1857))                          

                            Jeanne Duval, Apollonie Sabatier et Marie Daubrun.

       Trois femmes – Trois univers... pour un même homme !

 

La sensualité de Jeanne Duval Je veux te raconter, ô molle enchanteresse, les diverses beautés qui parent ta jeunesse." (Le beau Navire)

 

« J’aime ton nom Apollonie, Echo grec du sacré vallon… ». Elle aurait en outre servi de modèle à Courbet pour son fameux tableau, L’origine du monde" 

 

Marie Daubrun et ses  yeux verts de chat.

 

 

VERLAINE (~~1870)

 * à sa future femme Mathilde Mauté de Fleurville, 16 ans.

"Et si la sottise l'amuse

Et la fait rire sans pitié,

Elle serait, étant la muse,

Clémente jusqu'à l'amitié,

 

Jusqu'à l'amour - qui sait ? peut-être,

A l'égard d'un poète épris

Qui mendierait sous sa fenêtre,

L'audacieux ! un digne prix

 

*Dans Melancholia  en fond, Elisa, la sœur adoptive de Verlaine.

 

 À UNE FEMME

À vous ces vers, de par la grâce consolante

De vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,

De par votre âme, pure et toute bonne, à vous

Ces vers du fond de ma détresse violente."

 

  APOLLINAIRE (~~1907/13)

                                           *A  Marie Laurencin

" Vous y dansiez petite fille

Y danserez-vous mère-grand

(...)

Quand donc reviendrez-vous Marie."

(...)

Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine

Et mon mal est délicieux."

 

* A Lou, c'est-à-dire Louise de Coligny-Châtillon qu’il a connue avant son départ pour la guerre:

 

Si je mourais là-bas sur le front de l'armée

Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée

Et puis mon souvenir s'éteindrait..."

"ai vécu dans un port et de là je t'aimais.

Solitude où passaient le songe et le silence.

Enfermé, enfermé entre mer et tristesse.

Silencieux, délirant, entre deux statues de gondoliers."

 

 

ELUARD XXe

 

* Recueil dédié à  Gala

"La Courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu

C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu."

* "Le 28 novembre 1946, Paul Eluard perd brutalement Nusch, sa deuxième femme, sa muse, son égérie. Le 16 juin 1947, il publie sous le pseudonyme de Didier Desroches, et pour quelques amis, "Le temps déborde", dans lequel figure le poème "Ma morte vivante" à forme irrégulière dédié à sa défunte femme Nusch où il y relate sa mort qui lui fut très douloureuse."

* Avec Dominique, le recueil Le Phénix , consacré à la joie retrouvée.

 

         ARAGON  et Elsa Triolet XXe

"Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire

J'ai vu tous les soleils y venir se mirer

S'y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé"

 

 

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