124 - "Moi T' aiM" - Phrases sculptées dans un texte sur le thème du miroir

Publié par Claire (C.A.-L.)

Le  miroir une image pour parler du désir d'écrire et de lire de la "littérature" 
de l'être-là sans l'être
Interrogation sur le statut de la fiction, de l’œuvre d’art et de l’auteur.
Modèle de structuration de l’œuvre littéraire
du mimétisme, du "pareil que" ou du "comme si" 
et donc de la duplication (identité) avec ses variations (presque) : mises en abyme, 
intertextualité et réécriture
ou plus généralement effets de réflexion, reflets de la lumière. 
Personne n'est ce qu'il voit de lui dans un miroir. Une part de lui est absente, ailleurs dans un entre-deux invisible intouchable, in/mé-connaissable.

 

"Moi T' aiM"

 

L'envers de face que je regarde dans les yeux.

Seulement dans les yeux.

                                Tout droit. Fiché dans ces yeux-là. Devant. Droit

Il faut que je bouge 

Tu bouges aussi

Tu m'imites ! Je te grimace

et  je te quitte.

Je t'embrasse

Ah ! non pas sur la bouche. 

         Et ...Et si je recollais les deux ? 

Ne formons qu'un : qu'en dis-tu ?

               Mon souffle pour te réchauffer. 

 Ainsi donc je suis comme ça, comme toi ?

                 Comme je te vois, tu me vois et on me voit !

N'aurais-tu pas pu retenir mon visage de jeunesse ?

Je me suis tant regardée pour laisser l'empreinte du devant de moi

Mais je ne savais pas que l'empreinte ne regarderait qu'au dedans de moi

Qu'elle avancerait à reculons. Laisse-moi passer.

Je voudrais voir par-dessus ton épaule.

Il y a quoi, derrière-toi ?

Laisse-moi voir     

        Comment nous séparer, - est-ce possible ? 

         Dis-moi quelque chose.

         Tu bouges les lèvres en même temps que moi

         Je n'entends pas ta voix

         Je te l'ai volée ?

  Dans toutes les vitres et les glaces, tu m'accompagnes je t’emmène avec moi.

                            Mon même aux mêmes gestes au sens inversé 

                                      Un Entre-Nous-Deux

qui nous dédouble toi et moi. 

                                Viens, j'éteins la lumière aveuglante du leurre.

         Reviens à moi. Rentrons. Ne formons à nouveau plus qu'un et pour toujours. 

 

 

Publié dans poème