Suite Atelier d'écriture poétique : 2 décembre 2014, "Barbare" d'Arthur Rimbaud

Publié le par Claire (C.A.-L.)

                                          Toujours avec Rimbaud ...

Le Rimbaud des Illuminations, ce recueil, le dernier, celui que Verlaine ne l'a pas vu écrire et que d'ailleurs il n'aurait pas (selon certaines sources) écrit, seulement copié, copié en copiste. 

Le véritable auteur en serait le poète moins reconnu, Germain Nouveau, un de ses amis.

Pour dépasser cette question de l'identité de l'auteur/créateur il suffit de ne pas se contenter de suivre le fil "historique", de ne pas trop insister sur les allusions possibles et crédibles à des événements précis de l'époque où les poèmes de ce recueil auraient été écrits et de se concentrer sur l'idée d'un langage nouveau pour un monde nouveau.

Enfin, on verra. Les réactions  des participants apportent toujours des éclairages auxquels je n'avais pas pensé... 

 

                                            Rajout suite à la séance                    

...Comme par exemple celle de la gravure coloriée (sens du mot anglais "illumination") du poème en prose dont le genre s'étire jusqu'à "l'ébauche", au "brouillon",  au "premier jet à retravailler" avec des parenthèses et des points de suspension.

Vision en surimpression d'un volcan en éruption, qui du fond de l'océan crache sa lave incandescente après avoir lutté et brillé de tous ses feux, finit dans un craquement sinistre par se laisser solidifier, enfermer et modeler sous l'effet du froid.

"Pétrification" qui n'est peut-être pas sans évoquer l'effet de la méduse et du passé. 

Les chaudes profondeurs de l'invisible maîtrisées, dominées par la surface glaciale, seule visible.

Deux parenthèses, terminent le refrain, (répété deux fois) contiennent la phrase :" Elles n'existent pas". Constat qui Concerne les fleurs arctiques, et qui m'a rappelé que dans les années 60, dans les devoirs scolaires ce qui était entre parenthèses, c'est ce qu'il fallait effacer. Au lieu de barrer, on mettait entre parenthèses.

 

Pour un rendu plus fort, lire le texte à trois voix.

-L'une se chargeant du refrain qui reprend le pavillon (3 occurences). Comment dire le "Oh !" de la 6e ligne ? dépit, indignation, fausse admiration...

-l'autre des  invocations/incantations : "Ô douceur;  ô monde" etc

- et le reste pour la troisième voix.

3 plans. Insister aussi sur le grondement créé par l'allitération en [r) annoncée dès le titre.                     

Après "Aube" et "Mouvement", un, (le premier ?) poème en vers libres, voici un poème en prose, "Barbare"

Les études des poèmes sont là pour en quelque sorte canaliser l'imagination, en mettant l'accent sur l'alliance de la vieille et malgré tout productive, distinction fond/forme, dans le but avoué de répondre à la thématique du Printemps des Poètes de mars 2015..., à savoir "l'insurrection poétique". 

 

                                                  Le texte

                                                 Barbare

Bien après les jours et les saisons, et les êtres et les pays,
Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent pas.)
Remis des vieilles fanfares d'héroïsme - qui nous attaquent encore le cœur et la tête - loin des anciens assassins -
Oh ! Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent pas.)
Douceurs !
Les brasiers, pleuvant aux rafales de givre, - Douceurs ! - les feux à la pluie du vent de diamants jetée par le cœur terrestre éternellement carbonisé pour nous.
-
O monde ! -
(Loin des vieilles retraites et des vieilles flammes, qu'on entend, qu'on sent,)
Les brasiers et les écumes. La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres.

O Douceurs, ô monde, ô musique ! Et là, les formes, les sueurs, les chevelures et les yeux, flottant. Et les larmes blanches, bouillantes, - ô douceurs ! - et la voix féminine arrivée au fond des volcans et des grottes arctiques.

Le pavillon...

L'exercice pour la fois prochaine reprendra quelques uns des procédés rimbaldiens  (phrases nominales, inachevées, titre adjectival, invocation, antithèses...)

et deux couleurs : le rouge et le vert ( poly avec la symbolique des 2 - alliance sons/couleurs; formes couleurs etc.)                                                                 

Suite Atelier d'écriture poétique : 2 décembre 2014, "Barbare" d'Arthur Rimbaud
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