Prise de notes dans "Inspiration acrobe", article de Myriam Peignist

Publié le par Claire

                                   Vers le Printemps des Poètes 2015

Réflexion permettant de poursuivre la route escarpée de l'idée d'"insurrection poétique".

 Notes suivies de l'article intégral de Myriam Peignist, mis en lien et préférable, évidemment aux notes que je prends, qui sont sélectionnées à partir de mes "obsessions" du moment...

 

" Les acrophiles peuvent être sculpteurs, peintres, graveurs, philosophes, écrivains, musiciens, poètes, photographes et cinéastes…" 

 

Une "Acrobatie" :  étymologiquement c'est ce que fait quelqu'un qui marche, danse, qui est aux extrémités. Mot dont l'étymologie remonte au grec ancien formé de ακρον, « sommet » et de βατειν, « marcher » qui signifie mouvement qui exige force, équilibre, souplesse...

Pour l'artiste des mots, c'est comme si, aussitôt écrit le support se perdait, les traces s'éparpillaient...Artaud froissait ses brouillons à l'asile...ils devenaient papier à rouler des cigarettes. Les écrivains et artistes du XIX ont fini par faire de l'acrobatie une figure emblématique de l'artiste. Cocteau révèle sa fixation sur le "fil tendu à travers son oeuvre, fil invisible, fil métaphorique qui se confond avec une ligne d'écriture, elle-même inséparable d'une  ligne morale et d'une ligne de vie."  Foyer éblouissant dans l' acte d'écrire et sa littérarité. Toute sa vie ROUSSEL voudra retrouver ce "soleil moral" avec lequel il pouvait "traverser les murs et porter le soleil en lui".

Comme  si l'acte d'écrire irradié de danses et d'acrobaties, épanchant ses mots donnait une vision d'un univers irrémédiablement épris d' érogénéité                    (...) Eros et Akros devenus duo d’acolytes..

Les acrobaties, (...) tendent un miroir déformant aux idéologies dominantes dans un vaste processus de déstabilisation : un « circus mundi » brise-carcan, à teneur créatrice et mutante, qui dépasse l’humain. (...) selon une culture buissonnière étoilée et une socialité insurrectionnelle. En marge de l’homo hiérarchicusrefus des corps dociles, droits et conformes, ... refus des rectitudes de l’esprit, jeu sur les principes de renversement, de courbure, d’anamorphose, d’équilibrisme, un apparent désordre traduit en ordre. Face à l’évolution cataclysmique de la culture (...) le corps acrobatisé donne pouvoir édificateur, émancipateur et enchanteur au corps-sujet, potentiellement corps-texte. Immanence radicale, où l’infini se vit à travers un corps sensible incandescent qui brise les digues de l’être (...)« flambée acrobatique ». « L’acrobatie des extrémités »  point culminant de la corporéité, à la base d’un art de vivre qualitatif et intensif. Se dégage une plasticité baroque, sinueuse, gondolée, décalée, vertigineuse, reposant sur un équilibre instable et outré. L’acrobate entre en connaissance directe avec ce monde-ci, de façon palpable. 

Les enjeux d’Eros en acrobate, d’un corps affectif, sensuel, et voluptueux, dépravé, d’une beauté difforme, d’une créativité retorse, recomposent un« envers du monde » inscrit dans une anthropologie de la dissidence. 

 Les acrophiles, peuvent être sculpteurs, peintres, graveurs, philosophes, écrivains, musiciens, poètes, photographes et cinéastes…, 

cherchant à fixer le saugrenu des corps acrobates ployés et torsadés, à décupler leur message, jusqu’à complète identification dans une silhouette de l’artiste en figure libre, inspirée d’un art de la déformation, à l’état brut.

Cette connivence, marquée de « surréalité » accentue l’enjeu équilibriste d’une ligne de vie funambulesque. 

Publié dans citations. Notes.

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