Lycéens - filières "S" comme scientifiques -

Publié le par Claire (C.A.-L.)

         

            Risque des exercices stéréotypés 

                Il n'y aurait  pas assez de bons grands scientifiques en France, 

                                           filles ou garçons, tous confondus...

                                                                 Donc 

on donne, au bac S, un sujet ( un exercice ) un peu plus complexe, "ludique", excitant, 

(Il faut avoir vu des profs de math s'échanger des exercices "infaisables" dans les salles des profs... Un vrai régal. Ils aiment ça, en fait.)

 destiné à tester les capacités de réflexion et d'imagination nécessaires à des "scientifiques", 

à donner une chance à ceux qui n'auront pas trop de mal à suivre un cursus universitaire scientifique  "d'excellence"

et qui pourront à terme intégrer, en France ou ailleurs, des laboratoires de recherche, par exemple, 

     Histoire au fond de leur donner confiance, à ces jeunes et de les motiver, surtout.

                                                   => Levée de boucliers...

                                             

      Les profs redoutent les réactions de leurs élèves, des parents et de la hiérarchie. 

Être considéré comme un bon prof fiable qui mène ses élèves au succès +++c'est fondamental dans la profession. 

                      Je le sais, j'étais prof : Je les comprends et je les respecte.

La norme d'excellence  reste la voie scientifique et en S si après avoir suivi des cours particuliers, fait des tonnes d'exercices  - les profs  ré-exploitant pour être sûrs de ne pas faillir, les exercices donnés en gros au cours des 10 des années précédentes...Un énorme travail, évidemment et pour tout le monde, profs et élèves....donc si après avoir été au bout de ce parcours du combattant, les plus assidus des élèves n'obtiennent pas au moins 18/20 : le doute s'installe... et son corollaire, la remise en cause. 

                       Donc ordre du ministère, qui comprend presque tout :

                       demande est faite aux correcteurs de noter sur 24.

Et cela désespère les profs qui avaient décidé de satisfaire à certaines exigences venues de l'Enseignement supérieur - qui voudrait des étudiants motivés afin de les "pousser" le plus loin possible

et cela inquiète un peu les élèves et leurs parents qui veulent que leur 20 soit un "VRAI" 20 ...

 

                                                               Bref...

Quelques mois plus tard, ces mauvais moments passés...

 

ces élèves entreront pour la plupart en prépa scientifique et là !!!!

On leur a déjà préparé leur programme de lettres. 

                                  Le thème en est : "la guerre".

Il y a d'ores et déjà des tas de bouquins à acheter.

L'un d'entre eux  leur propose 20 dissertations sur ce thème, celui de la guerre.

                                       Même principe - même méthode 

Ils vont  ingurgiter, ( au minimum, car en Lettres les profs se font aussi un honneur d'inventer des sujets, des corrections etc.), l' argumentation de ces  20 dissertations

ou plus, et ils seront ainsi à même de résoudre le "problème" en conclusion, 

( du genre, je ne sais pas moi... : tant de morts, c'est abominable, mais on ne sait pas, on ne juge pas, les gens font comme ils peuvent, finalement les guerres ça a toujours existé et ça existera toujours. Il y a des usines d'armement, il faut bien écouler le stock, sinon il y aura encore plus de chômage, etc.)  

car on ne demande plus vraiment aux jeunes une réelle 3 e partie qui serait une voie différente de la thèse et de l'antithèse (mais c'est un autre sujet...intéressant également...)

En bref,  ils sauront quoi penser et aussi quoi dire, - puisqu'il paraît qu'on est à une époque de parole -,  grâce à leur excellente mémoire. Pas la peine de réfléchir. Et si ils sont confrontés à un sujet un peu différent... qui leur demanderait un point de vue un peu personnel, ou confrontés à une/la guerre tout court... ils se retourneront, j'imagine,  là aussi contre leurs enseignants ! (?)                                                      

 

Publié dans Réaction

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cloclo 07/07/2014 12:00

De notre temps, il y avait très peu de mentions, on était noté au plus juste, et même sévèrement, ce n'était pas plus mal, maintenant tout le monde a son bac, ou presque, une élève a réussi à avoir 21 sur 20, où allons-nous ? Ca fait trop rire, moi, j'ai eu mention passable au bac et j'ai eu du travail en sortant de la fac (mention très bien tout de même à la maîtrise, ce qui prouve qu'on peut s'améliorer. ) La fille avec son 21, n'est pas certaine d'en avoir (du boulot) et elle part de tellement haut qu'on se dit que si elle ne maintient pas la barre, elle pourrait avoir des surprises et des déconvenues...

cloclo 08/07/2014 13:15

On apprend et on désapprend aussi vite. Merci pour tes bons voeux, il fait un froid de canard, plus la pluie, j'espère qu'il fera beau en Bretagne !!

Claire Antoine 08/07/2014 12:04

Très belles vacances à toi.
Juste pour dire que moi non plus je ne retiens plus rien et que c'est génial, car à ce moment là on apprend tous les jours !!!

cloclo 08/07/2014 11:36

Superbe texte, comme tu sais si bien en dénicher, j'avoue mes lacunes, j'ai fait du bourrage de crâne à la fac, puis ai passé les trente années suivantes à me le "débourrer" et à me "crétiniser" en m'attelant à mes tâches répétitives, routinières et ménagères. Depuis dix ans, j'essaie de rattraper le temps perdu, je me nourris de lectures délicates et savoureuses, mais je ne retiens plus rien, je me contente de goûter le temps présent, comme un enfant croque dans son quatre heures, le lendemain, il a tout oublié, c'est pourquoi il recommence, tenaillé par la faim. Mon cerveau m'emmagasine plus, ne stocke plus rien.Il chasse un truc pour le remplacer par un autre et ainsi de suite. Une autre façon de se cultiver, furtive et éphémère. Je n'y peux rien, ce sont les désagréments de l'âge. En tout cas, vive la paresse, qui permet de se décrasser l'âme et de déculpabiliser les désoeuvrés. Je serais pour une paresse"active", occupée juste aux plaisirs de la vie, que chacun peut se construire à sa manière, soit par la pensée, soit par de petites actions simples et pas fatigantes, écouter de la musique ou le chant des oiseaux, admirer la nature, papoter avec son voisin, laisser aller son coeur...Chacun se trouve sa propre recette.

Moi, ce qui me fatigue le plus, en fait, ce sont les gens qui ne se fatiguent jamais !!

Bises (je pars jeudi en Bretagne jusqu'à la fin du mois)

Claire Antoine 08/07/2014 10:50

J'adore quand tu dis "j'étais paresseuse de nature".
"La paresse" un superbe texte d' Henri Michaux, que je copie/colle, pour le plaisir, même si tu le connais.
"L'âme adore nager.
Pour nager on s'étend sur le ventre. L'âme se déboîte et s'en va. Elle s'en va en nageant. (Si votre âme s'en va quand vous êtes debout, ou assis, ou les genoux ployés, ou les coudes, pour chaque position corporelle différente l'âme partira avec une démarche et une forme différentes c'est ce que j'établirai plus tard.)
On parle souvent de voler. Ce n'est pas ça. C'est nager qu'elle fait. Et elle nage comme les serpents et les anguilles, jamais autrement.
Quantité de personnes ont ainsi une âme qui adore nager. On les appelle vulgairement des paresseux. Quand l'âme quitte le corps par le ventre pour nager, il se produit une telle libération de je ne sais quoi, c'est un abandon, une jouissance, un relâchement si intime.
L'âme s'en va nager dans la cage de l'escalier ou dans la rue suivant la timidité ou l'audace de l'homme, car toujours elle garde un fil d'elle à lui, et si ce fil se rompait (il est parfois très ténu, mais c'est une force effroyable qu'il faudrait pour rompre le fil), ce serait terrible pour eux (pour elle et pour lui).
Quand donc elle se trouve occupée à nager au loin, par ce simple fil qui lie l'homme à l'âme s'écoulent des volumes et des volumes d'une sorte de matière spirituelle, comme de la boue, comme du mercure, ou comme un gaz - jouissance sans fin.
C'est pourquoi le paresseux est indécrottable. Il ne changera jamais. C'est pourquoi aussi la paresse est la mère de tous les vices. Car qu'est-ce qui est plus égoïste que la paresse ?
Elle a des fondements que l'orgueil n'a pas.
Mais les gens s'acharnent sur les paresseux.
Tandis qu'ils sont couchés, on les frappe, on leur jette de l'eau fraîche sur la tête, ils doivent vivement ramener leur âme. Ils vous regardent alors avec ce regard de haine, que l'on connaît bien, et qui se voit surtout chez les enfants."
Pour en revenir à notre propos, c'est vrai ce que la "culture" sans qualité de cœur ça devient idiot, ça n'a plus de sens. En gros, plus on se revendique des fameux "droits de l'homme", moins on les respecte ! Alors que pour en arriver à la revendication de ces droits, des femmes et des hommes ont souffert, pris sur eux, ont abattu des montagnes!!!

cloclo 07/07/2014 14:36

T'as pas honte de te traiter ainsi, alors moi, qu'est-ce que je dirais !! Moi je me suis arrêtée à la maîtrise, dès que j'ai travaillé, je n'ai plus eu le courage de passer le moindre examen... et je ne m'en porte pas plus mal, j'étais très paresseuse de nature, je ne réussissais que dans les matières que j'aimais, c'est-à-dire littérature, philo, musique, et récré...j'ai préféré profiter de la vie plutôt que m'enfermer dans des bachotages, je n'ai jamais apprécié les polars, je me suis contentée de mon sommet d'incompétence et je pense qu'il y a d'autres qualités dans la vie que les diplômes, il en faut un minimum et voilà, je hais les parents (et grands-parents) qui vantent leurs enfants et en font de petits génies ou pire, de petits singes savants ou se vantent de leurs 2 ou 3 ans avance... La culture c'est nul sans les qualités de coeur, la politesse, le respect des aînés, la tolérance...et la joie de vivre...Bises à toi. cloclo