155 Orphée, Narcisse et l'ange

Publié par Claire Antoine

155 Orphée, Narcisse et l'ange
     A Rainer-Maria Rilke                                          
Ça flotte pour moi, ça flotte entre « je » et « nous »
Ça interroge la Chose qui doute par
Les multiples voix du sujet du je poète.
Les anges rilkéens sont dans le réfractaire,
« Chez eux » -  Dans le négatif à l’excès « Chez eux.
Ni En-deçà, ni Au-delà, là »
 
L’ange mythique, double lumineux
de l’Homme-Poète, poétologue
langue d'où s'écoule le logos du poète
« Miroirs : en leur propre visage reversant
La beauté qui s’était d’eux-mêmes répandue. » 
 
Le visible devenu invisible intime,
intérieur. Là ils se déversent, se mêlant
Dans l'espace pur de l’un s'écoulant dans l’autre.
 
C’est le temps de l’espace poétique 
où habitent agoniques, 
dans le paysage du cœur
Piliers, pylônes où s’étend le sphinx,
 
Telle l’amante, seule à sa fenêtre,
dans la nuit de la nuit renversante de l’ange,
une nuit du monde intérieur du monde
 
Comme elle seule peut, au lieu-dit
 
Où le visible devenu invisible, 
 
Telle la sphinge, amoureuse,
émouvoir la parole poétique,
 
Lance qui transperce et pourfend 
l’expérience humaine
L'écartèle pour la réduire 
l'adoucir la condenser
Renverser la défaillance
 
Où le visible devenu invisible, intime, intérieur
S’introduit ruisselle et s’étale
l’un dans l’autre dans temps qui s’arrête
- Devenu espace poétique
 
Espace enchaîné aux constellations  
Lieu de vigueur où le « mystique aliment » de
la fleur éternelle - pour toujours fleurit à
l’instant où elle meurt -
 
Entouré en dedans du lieu-manifesté  
En béance éternelle - qui s’obsède  et fouille,
Les transmorphes et métaformes profondeurs
Venues de l’Hadès lointaines et proches formes
Morphes portées - d’une partition intérieure -
Touchées, à peine frôlées, ramenées hissées
De là en bas 
Pour être soumises au temps dont tout meurt.

Publié dans poème

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